Vol de homard à Grande-Anse: Dyno Facchino comparaît par vidéoconférence

Dyno Facchino, 53 ans, a l’art de la mise en scène et des surprises. Mardi après-midi, c’est en victime du système judiciaire qu’il est apparu sur un écran de télévision, en cour provinciale de Caraquet.

Parce qu’il est présentement incarcéré au Québec, il a comparu par vidéoconférence. Au Nouveau-Brunswick, le quinquagénaire est poursuivi pour le vol d’une cargaison de homards, en juillet 2016, à Grande-Anse, évaluée à plus de 1 million$.

«J’en ai plein mon casque. (…) Je suis pas aidé», a-t-il dit à la juge Johanne-Marguerite Landry.

Autant de déclarations mélodramatiques qui dévoilaient un surprenant et peu crédible désarroi. Sa prestation lui a néanmoins permis de se soustraire momentanément à ses obligations.

La magistrate et les avocats attendaient qu’il enregistre son plaidoyer et choisisse son mode de procès. Dyno Facchino a fait durer le suspense. Il a d’abord remis en cause le choix de son avocat, Me Dave Paulin. Celui-ci lui a été attribué par le service d’aide juridique.

«On m’oblige à le prendre. Je veux une bonne discussion avec lui. Pas cinq minutes. J’ai besoin de trente minutes au moins, peut-être une heure.»

Ses propos laissaient sous-entendre qu’il n’avait pas encore établi sa stratégie de défense avec son avocat.

Étonnement et réponse de ce dernier: «J’ai eu plusieurs entretiens téléphoniques avec M. Facchino ou avec des tierces parties le concernant. Ce n’est pas au détenu d’avoir la liberté de choisir son avocat dans le cadre du service d’aide juridique. On parle ici d’un service offert.»

Résultat: Dyno Facchino a obtenu un nouvel ajournement. D’ici sa prochaine convocation au tribunal, le 3 avril, des échanges entre les avocats de la défense et de la Couronne vont s’entamer pour tenter de trouver un arrangement. Dyno Facchino s’est déclaré favorable à cette perspective.

Le Québécois n’a rien du primodélinquant. Dans la Belle Province, les policiers ont démantelé, l’année dernière, un important réseau de voleurs de cargaisons. Il en était l’une des têtes pensantes.

En février, il a écopé d’une peine de 22 mois de prison pour un vol de fromages réalisé en 2016 (peu de temps avant celui à Grande-Anse), au préjudice de la coopérative Agropur. La marchandise était estimée à plus de 200 000$.