Les homardiers reviennent optimistes de Boston

Après avoir assisté à l’expo des fruits de mer de Boston, au début de la semaine, les homardiers de la côte est du Nouveau-Brunswick n’ont «pas d’inquiétudes» pour les prochaines saisons de pêche.

Les homardiers de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) se sentent rassurés après avoir participé à une réunion avec des porte-paroles d’usines de transformation lors du Seafood Expo North America, un rassemblement annuel de milliers de joueurs de l’industrie de fruits de mer.

Bien que les représentants d’usines n’ont pas affirmé explicitement que les prix seront élevés, ils n’ont pas donné raison aux pêcheurs de s’inquiéter.

«Ils n’ont pas – et ça ne nous surprend pas – mentionné grand-chose au niveau des prix payés. Ils disent que la demande sera aussi forte qu’au printemps de l’an dernier», affirme Michel Richard, de l’UPM.

«On pense qu’il y aura probablement une certaine stabilité ce printemps comparativement au printemps de l’an dernier. Je ne suis pas prêt à dire que le prix sera au même point, mais la demande est là.»

Les homardiers de l’UPM ont appris que la valeur de la queue de homard de 3 à 4 onces est à la hausse comparativement à l’an dernier, alors que celui de la chair de homard est à la baisse.

M. Richard croit que cette baisse est attribuable au climat politique en Amérique du Nord, dont l’incertitude des marchés entourant les accords de libre-échange du Canada en Asie et en Europe. Les Canadiens devraient ultimement en sortir gagnants en raison de l’élimination de plusieurs frais douaniers.

Pendant son séjour à Boston, M. Richard a observé un «climat excellent» dans la grande salle d’exposition du Boston Convention and Exhibition Center. Il souligne notamment un achalandage important aux kiosques de la délégation canadienne, signe d’une forte demande.

«Somme toute, nous n’avons pas d’inquiétudes pour les prochaines saisons.»

Au début de la saison printanière 2017, des débarquements plus lents que prévu ont provoqué une instabilité des prix. Les pêcheurs du Nord-Est ont fini par recevoir environ 6$ à 7$ la livre en moyenne pour leurs prises.

Les prix ont cependant baissé lors de la pêche d’automne dans le détroit de Northumberland. Des homardiers de Kent ont même manifesté devant une usine de transformation à Sainte-Anne-de-Kent, la forçant à cesser ses opérations pendant une journée. Ils recevaient environ 4,25$ la livre.

Croissance en Asie et en Amérique latine

M. Richard a été impressionné par la forte présence des entreprises asiatique à l’expo de Boston.

«Il y avait probablement 65% du contingent des kiosques représentés par soit la Chine, la Thaïlande, Hong Kong et d’autres pays de la région.»

Il s’agit là d’un signe que l’enthousiasme des acheteurs asiatiques n’est pas sur la veille de se refroidir. La valeur exportée en Chine est passée de 9,3 millions $ à 28,5 millions $, de 2014 à 2017, selon Statistique Canada. Celle au Vietnam a grimpé de 14,6 millions $ à 32,6 millions $, et celle de la Corée du Sud, de 2,6 millions $ à 26,4 millions $.

M. Richard souligne également une participation accrue de pays Latinos à l’expo de Boston, y compris «de beaux gros kiosques du Mexique et de l’Argentine».

La pêche au homard dans la zone 23, qui s’étend de Dalhousie à Pointe-Sapin, sera lancée en début mai. Celle de la zone 25, soit du nord de Kent à Pugwash, en Nouvelle-Écosse, commence en mi-août.

Les fruits de mer sont l’un des piliers de l’économie au Nouveau-Brunswick. La province est le deuxième exportateur au pays, avec plus de 1,7 milliard $ en produits vendus en 2017.

Cette semaine, 1341 compagnies de 57 pays ont participé à l’expo de Boston, le plus important événement de son genre en Amérique du Nord. L’événement est généralement considéré comme un baromètre pour l’industrie des fruits de mer.