Sept députés provinciaux font leurs adieux

Sept députés qui ont choisi de ne pas solliciter de nouveau mandat ont fait leurs adieux à l’Assemblée législative à l’occasion de la dernière journée de la session avant les élections de l’automne.

Pour une rare fois, la partisanerie a laissé sa place à l’émotion, vendredi, à Fredericton. Les députés ont mis la chamaille de côté pour écouter attentivement quelques-uns de leurs collègues tirer leur révérence.

«Je me suis lancé en politique il y a 15 ans. J’ai aimé ce métier si passionnément que je n’ai pas vu le temps passer», a déclaré le député libéral de Caraquet, Hédard Albert.

«Alors que mon quatrième et dernier mandat touche à sa fin, je peux vous dire avec fierté et conviction que ç’a été l’une des meilleures décisions de ma vie», a-t-il dit lors d’un discours qui l’a amené au bord des larmes.

Élu pour la première fois en 2003, M. Albert est l’un des cinq élus libéraux qui ne tenteront pas de se faire réélire le 24 septembre.

Du côté du Parti progressiste-conservateur, deux députés ont décidé de mettre fin à leur carrière politique, dont Madeleine Dubé.

La représentante d’Edmundston-Madawaska-Centre a admis avoir développé «des affinités et de l’amitié au-delà des partis politiques» durant sa carrière de 19 ans à l’Assemblée législative.

«Même si je suis très politisée, nous sommes d’abord tous des humains et nous voulons tous la même chose, faire avancer nos régions. À tous les parlementaires, ce fut un privilège de servir avec vous.»

Le libéral Victor Boudreau, qui met fin à un passage de 13 ans à Fredericton, a lui aussi tendu une branche d’Olivier vers l’opposition officielle.

«Nous avons eu parfois des débats assez enflammés et des discussions passionnées. J’espère aujourd’hui que nous pourrons laisser tout ça derrière nous et rester des amis», a déclaré le député de Shediac-Beaubassin-Cap-Pelé.

La politique n’est pas toujours une carrière facile, a rappelé le progressiste-conservateur Jody Carr qui a été élu pour la première fois en 1999 à l’âge de 23 ans.

«On ne peut jamais en faire assez en tant que politicien (…), mais si vous vous posez la tête sur l’oreiller le soir en sachant que vous avez fait tout votre possible, que vous avez faire de votre mieux, eh bien c’est ce que l’on peut demander de mieux. Souvenez-vous-en», a dit le député d’Oromocto-Lincoln-Fredericton.

Malgré l’adversité, aucun des futurs retraités de la politique n’a émis de regret.

«Huit ans, ça fait 2725 jours à servir les gens de Kent-Nord et je n’en regrette pas un seul. Si c’était à refaire, je recommencerais», a assuré le député libéral Bertrand LeBlanc.

Les élus n’ont pas manqué non plus de remercier leurs proches pour leur soutien durant leur carrière politique.

«Je veux reconnaitre, pour chacun et chacune d’entre nous ici, à quel point les gens de nos familles doivent faires des sacrifices pour que nous puissions travailler pour les gens de nos régions et de notre province», a rappelé le ministre Serge Rousselle qui en a pris plus d’un par surprise, mercredi, en annonçant qu’il ne serait pas candidat à sa réélection après un seul mandat pour pouvoir passer plus de temps avec ses proches.

«Nous, on en mange de la politique. C’est un choix que nous faisons. Mais les gens qui nous entourent, ils l’acceptent par amour pour nous», a dit le représentant de la circonscription de Tracadie-Sheila.

Le député libéral de Saint-Jean-Havre, Ed Doherty, ne sollicitera pas non plus de nouveau mandat.

L’ex-député de Campbellton-Dalhousie, le libéral Donald Arseneault, qui a quitté son siège l’an dernier pour devenir lobbyiste à Ottawa, était également présent dans la galerie, vendredi.

Il a été chaleureusement salué par plusieurs de ses anciens collègues du gouvernement et de l’opposition officielle.