Harcèlement: Chris Collins clame son innocence

Les allégations de harcèlement qui pèsent contre le président de l’Assemblée législative pourraient être «politiquement motivées», selon son avocat.

Le député Chris Collins a rompu son silence, lundi matin, par le biais de son avocat, T.J. Burke.

Lors d’un point de presse à Fredericton, Me Burke a annoncé que son client renonçait à ses fonctions administratives à titre de président de l’Assemblée législative le temps que se déroule une enquête.

M. Collins entend cependant demeurer président de l’Assemblée jusqu’à ce qu’un nouveau président soit choisi après les élections de l’automne.

Le député de Moncton-Centre clame son innocence et a l’intention de se défendre contre les allégations qui ont été faites par un ex-employé de l’Assemblée législative, a déclaré Me Burke.

Selon lui, M. Collins n’a pas été informé de ce qu’on lui reproche exactement ou de l’identité de l’ancien employé.

L’avocat T.J. Burke. – Mathieu Roy-Comeau.

T.J. Burke croit cependant que des raisons politiques pourraient se cacher derrière cette affaire puisque l’ancien employé aurait attendu environ deux ans avant de porter plainte officiellement, six mois avant les élections.

«Nous pensons que la personne derrière tout ça pourrait avoir des motifs politiques et vouloir empêcher Chris d’être candidat dans sa circonscription. Sinon, pourquoi cette personne a-t-elle gardé ses allégations enfouies pour plus de deux ans?»

T.J. Burke a été ministre de la Justice et procureur général au sein du gouvernement libéral du premier ministre Shawn Graham, gouvernement dont Chris Collins a également fait brièvement partie.

Le congrès à l’investiture dans Moncton-Centre n’a pas encore eu lieu, mais Chris Collins avait l’intention de solliciter un nouveau mandat, a indiqué son avocat.

M. Collins a été suspendu du caucus du Parti libéral, jeudi, par le premier ministre Brian Gallant. La nouvelle, qui a lui a été annoncée par le whip du Parti, Victor Boudreau, et le ministre Serge Rousselle, a eu l’effet «d’un coup de bâton de baseball derrière la tête», a confié Me Burke.

«Ça a été dévastateur pour M. Collins au point de vue personnel. Ça a eu un effet sur sa famille et sur sa santé et ça a essentiellement ruiné sa carrière politique.»

M. Gallant a précisé que M. Collins ne pourrait pas être candidat pour le Parti libéral tant que l’enquête ne sera pas terminée.

Les députés membres du Comité d’administration de l’Assemblée législative se sont réunis, lundi après-midi, pour déterminer la marche à suivre dans cette affaire après avoir reçu un affidavit de la part de l’ancien employé contenant les faits allégués.

Ils ont notamment accepté le retrait temporaire de M. Collins et ont confié ses responsabilités administratives à l’un des vice-présidents de l’Assemblée, le député libéral Bernard LeBlanc.

Les membres du Comité ont également confié au greffier de l’Assemblée le soin d’embaucher un investigateur externe pour enquêter sur cette affaire en vertu de la politique sur le harcèlement en milieu de travail du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Le whip du Parti libéral, Victor Boudreau. – Mathieu Roy-Comeau

«Nous espérons que ceci pourra se faire le plus rapidement possible pour les deux parties touchées», a déclaré Victor Boudreau après la rencontre du comité.

M. Boudreau n’était pas en mesure de dire si l’enquête sera terminée à temps pour que M. Collins puisse participer à l’investiture dans sa circonscription en prévision des élections du 24 septembre.

«Je ne veux pas spéculer sur le temps dont pourrait avoir besoin l’investigateur.»

Le député progressiste-conservateur Stewart Fairgrieve. – Mathieu Roy-Comeau

Le député progressiste-conservateur Stewart Fairgrieve, qui est également membre du Comité d’administration, a dit croire que l’enquête «mettra l’accent sur la découverte de la vérité» pour les députés et pour le public.

«J’anticipe que la conclusion de n’importe quelle enquête sera formulée dans un document public. C’est ce que j’espère.»

M. Fairgrieve a également repris les accusations de son parti à l’endroit du premier ministre qu’il accuse de ne pas avoir agi assez rapidement dans cette affaire.

Brian Gallant a indiqué que son bureau avait appris le 17 février qu’un ancien employé de l’Assemblée législative songeait à porter plainte pour harcèlement contre M. Collins.

M. Gallant a cependant seulement averti le Comité d’administration de l’Assemblée le 5 avril en plus de suspendre le député de son caucus.

Le premier ministre a expliqué ne pas avoir agi plus tôt puisque l’individu en question n’était pas certain de vouloir porter plainte à l’époque.

Le chef du Parti vert, David Coon, a affirmé être lui aussi en accord avec les décisions du Comité d’administration tout en déplorant la participation du bureau du premier ministre dans cette affaire qui va selon lui à l’encontre du principe de séparation des pouvoirs législatif et judiciaire.