Il n’est pas toujours évident de trouver les mots pour parler de la mort, particulièrement avec les enfants. Au cours des prochains mois, les élèves et le personnel de l’École communautaire Terre-des-Jeunes à Paquetville seront envahis par différentes émotions à la suite du décès subit d’une enseignante. Que peuvent-ils faire pour traverser cette situation difficile?

L’Acadie Nouvelle en a discuté avec Renée Guimond-Plourde, infirmière et chercheure en éducation, spécialisée dans la gestion du stress.

La mort soudaine de Betty Lainey, une enseignante de 6e année, a plongé la communauté de Paquetville dans le deuil. L’école était fermée lundi afin d’offrir des services de soutien au personnel, incluant les conducteurs d’autobus.

Le retour en classe mardi s’est fait dans le calme et a été marqué par des moments de tristesse. Les élèves ont participé à des séances de yoga et à des cours d’éducation physique. Ils ont pu également faire du dessin et colorier des mandalas. Des locaux tranquilles ont également été rendus disponibles pour les élèves.

«Les élèves ont eu 30 minutes en salle de classe avec leur enseignant. Ensuite, une rencontre à l’amphithéâtre a eu lieu avec l’équipe EJ (Enfant Jeunesse) afin de discuter des étapes du deuil. Les élèves ont pu s’exprimer au sujet des différents sentiments qu’ils ont vécu depuis la fin de semaine», explique Annie LeBlanc-Lévesque, coordonnatrice des relations stratégiques au District scolaire francophone nord-est.

Selon Mme LeBlanc-Lévesque, les enseignants continuent d’appuyer les élèves en étant à l’écoute et en faisant preuve d’empathie. Un climat de confiance s’est instauré en permettant aux élèves de s’exprimer.

Quant aux élèves de la 6e année, une personne ressource sera sur place jusqu’à la fin de l’année.

«L’apprentissage et le bien-être des élèves sont pris en considération.»

La bonne approche

Selon l’infirmière et chercheure Renée Guimond-Plourde, la direction de l’École communautaire Terre-des-Jeunes et le District scolaire francophone nord-est semblent être sur la bonne piste pour éviter que cette situation de stress devienne une situation de détresse.

Les adultes ont pris en charge la situation et ils ont ouvert «les canaux d’échange» pour permettre à tous de se vider le cœur.

«Dans une petite communauté, les gens se côtoient, les gens se connaissent. Il est important de parler aux enfants pour savoir comment ils se sentent. Ce n’est pas toujours évident pour les adultes de le faire. On n’aime pas beaucoup parler de la mort.»

La psychologie des enfants étant complexe, les élèves de l’école risquent de ressentir des émotions différentes que celles des adultes. De façon générale, dans des situations comme celle-ci, il est commun qu’en enfant ressente de la colère ou de la culpabilité. Dans certains cas, ils peuvent même se sentir abandonnés ou trahis, indique Mme Guimond-Plourde.

«Il faut que l’enfant sache qu’il n’est pas du tout coupable de ce qui est arrivé.»

«C’est un stress en partant en raison de l’imprévisibilité de la mort. Les éléments de stress dominent parce que c’est soudain et inattendu. Personne n’avait le contrôle sur ce qui s’est passé.»

Pour retrouver un sens de contrôle, Mme Guimond-Plourde suggère de trouver un moyen de garder un souvenir permanent d’êtres chers décédés.

Elle donne l’exemple d’une école qui a planté un arbre en mémoire d’un enseignant qui est décédé.

«Je leur ai fait a suggestion et ils l’ont fait. On plante l’arbre au printemps, et le printemps, c’est toujours un nouveau souffle de vie. On garde espoir. Ça permet de dire que la personne n’est plus avec nous, mais son amour est encore là. Je trouve que ça permet de donner un certain contrôle sur quelque chose qui nous échappe. Quand tout le personnel et les enfants y participent, c’est encore plus important.»

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