Un sommet pour lutter contre l’homophobie et la transphobie

Les mœurs évoluent et l’appui envers les personnes LGBTQ+ s’affermit dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Une cinquantaine d’adolescents ont participé au premier sommet LGBTQ+ des écoles secondaires du District scolaire francophone nord-est, ce week-end, à la Polyvalente W.-A Losier de Tracadie.

Le sommet a été organisé par Jonathan Nadeau et Suzanne Chiasson, deux enseignants à la polyvalente.

L’idée est née à la suite de la tenue d’un événement provincial semblable, à Moncton, à l’automne 2017. Cet événement initial a suscité un grand engouement à Tracadie, mais chaque école participante pouvait seulement envoyer quatre élèves par délégation.

«Il y a eu un sommet provincial à Moncton, mais peu d’élèves ont eu la chance d’y assister. On avait fait un appel aux élèves et 35 personnes avaient manifesté de l’intérêt, alors qu’il y avait seulement quatre places», explique Jonathan Nadeau.

Pour Suzanne Chiasson, ce type d’événement relève d’une grande importance, car il permet aux jeunes de rencontrer des modèles et des alliés.

«C’est un besoin. C’est important pour les jeunes d’avoir des modèles, que ce soit des enseignants ou d’autres gens connus de la communauté.»

Des progrès depuis le mois de septembre

Marguerite Losier et Sophie-Marie Kenny sont membres du comité Alliance Diversité, formé en 2017, à la Polyvalente W.-A Losier.

Les deux élèves de 11e année se voient comme des alliées et elles ont commencé à s’impliquer pour faire une différence dans leur école.

«Il y a toujours eu un problème d’intimidation ici, surtout auprès des personnes LGBTQ+. On voulait faire une différence et changer ça», dit Sophie-Marie Kenny.
Les deux adolescentes sont agréablement surprises du progrès que le groupe a réalisé depuis septembre.

«Je ne m’imaginais pas nécessairement qu’il y aurait un sommet dans la Péninsule acadienne. On est dans un petit milieu et il y a encore parfois de vieilles mentalités, alors je suis vraiment contente qu’on en soit rendu là. On a un comité et on est capable d’être ouvert et d’avoir des sommets pour parler de la communauté LGBTQ+.»

Lutter contre l’homophobie et la transphobie

De son côté, Véronique Thibeault déborde d’énergie. C’est un atout dans son domaine, car en tant que coordinatrice en inclusion scolaire au District scolaire francophone nord-est, son travail l’amène à voyager un peu partout dans le nord du Nouveau-Brunswick plusieurs fois par semaine. La lutte contre l’homophobie et la transphobie occupe une partie importante de son quotidien.

«L’inclusion scolaire comprend la diversité socioéconomique, culturelle, sexuelle et autres. Le but est de s’assurer que chaque jeune est apte à apprendre. La diversité sexuelle et l’identité des genres sont très présentes dans nos écoles. Si un jeune vie de l’homophobie ou de la transphobie, ç’a un impact sur son bien-être et son apprentissage.»

Même s’il reste encore des défis, Mme Thibeault a l’impression d’avoir participé à l’amélioration du sort des jeunes LGBTQ+ au cours des cinq dernières années.

epuis trois ans, le gouvernement provincial réserve un montant alloué à la sensibilisation envers la diversité sexuelle. Au fil des ans, elle a accès à plus de ressources pour mener plus de projets d’envergure.

«Il y a trois ans, j’avais eu assez d’argent pour acheter des petits autocollants à placer ici et là dans les écoles. J’étais un peu l’extraterrestre du système scolaire. Maintenant, on est rendu avec un sommet et des comités pour en parler dans les écoles. Ce n’est pas parfait, mais on a beaucoup fait de cheminement.»