Protection des baleines noires: de l’espoir à la frustration

Les mesures de protection des baleines noires de l’Atlantique Nord et leur impact sur la pêche au crabe des neiges ont fait couler beaucoup d’encre au cours des six derniers mois. Voici un bilan des plus récents développements d’une industrie qui s’avère majeure pour l’économie de plusieurs communautés acadiennes.

Plan de pêche: fermetures dynamiques et fermetures statiques

Le plan de pêche au crabe des neiges dans le golfe du Saint-Laurent a été publié le 12 avril.

Dès qu’une baleine sera observée dans le golfe du Saint-Laurent, le ministère des Pêches et des Océans fermera neuf quadrilatères de pêche – environ 2400 kilomètres carrés – autour d’elle pendant un minimum de 15 jours. Si la baleine est observée à nouveau, la fermeture sera prolongée à 15 jours suivant la dernière date d’observation.

«Les détenteurs de permis recevront un préavis de 48 heures pour récupérer leurs engins de pêche de la zone avant la fermeture.»

Le document confirme aussi la fermeture statique d’une zone de 14 000 kilomètres carrés dans le coeur de la zone de pêche, le 28 avril. En 2017, 90% des observations de baleines ont eu lieu dans ces eaux.

Des intervenants affirment qu’une proportion importante de la biomasse commerciale du crabe se retrouve dans la zone en question. La fermeture pourrait forcer plusieurs pêcheurs à déposer leurs casiers ailleurs, possiblement dans les eaux près des Îles-de-la-Madeleine.

Les baleines toujours au large des États-Unis

Une carte interactive des observations des baleines noires, disponible sur le site Internet du National Oceanic and Atmospheric Administration, démontre qu’aucune baleine noire n’a été vue au nord de Rockport, au Massachusetts, au cours des deux dernières semaines.

La même carte montre que la première observation de baleine dans le golfe du Saint-Laurent en 2017 a seulement eu lieu après le 15 mai. En 2016, la première observation avait eu lieu la semaine du 17 mai.

La glace et la date du lancement

À moins de deux semaines de la fermeture d’une zone de 14 000 kilomètres carrés dans le golfe du Saint-Laurent, les crabiers ne savent toujours pas exactement quelle date ils prendront le large. Ils sont forcés d’attendre que la banquise soit dispersée et qu’il soit sécuritaire de quitter les quais.

Un brise-glace et un aéroglisseur du gouvernement fédéral ont travaillé afin de briser la banquise au large de la Péninsule acadienne. Cela a permis à des crabiers de mettre leur bateau à l’eau en préparation pour la prochaine pêche.

Ils dépendent cependant ultimement de Dame Nature pour larguer les amarres. Des vents de l’est, prévus mardi, pourraient aider à repousser les glaces.

Les crabiers terre-neuviens déçus du prix

Le 4 avril, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a établi un prix de 4,55$ la livre pour le crabe des neiges débarqué dans la province. L’union des pêcheurs terre-neuviens, Fish Food and Allied Workers, est «désappointé» et «frustré» du prix jugé trop bas. Le président, Keith Sullivan, a souligné que la frustration des pêcheurs terre-neuviens est exacerbée par le fait que «les pêcheurs des Provinces maritimes reçoivent plus de 5$ la livre pour le crabe des neiges».

«La décision est frustrante pour des pêcheurs qui verront leur quota diminuer une autre fois en 2018.»

Le modèle d’établissement des prix est différent au Nouveau-Brunswick, où il n’y a pas d’agence gouvernementale qui régit les prix. Un prix officiel sera seulement connu après les premiers voyages de pêche.

Le quota de 24 600 tonnes confirmé

Le MPO a confirmé, le 29 mars, le quota recommandé lors du conseil consultatif du crabe des neiges, un mois plus tôt.

Les pêcheurs du sud du golfe du Saint-Laurent auront ainsi accès à un total admissible des captures (TAC) de 24 613 tonnes, un chiffre basé sur un taux d’exploitation de 38,3%.

Il s’agit d’un niveau 44% plus bas que celui de l’an dernier. Les crabiers avaient alors eu droit à un TAC historique de 43 833 tonnes.

Le quota est légèrement plus bas que le chiffre qui avait été prédit en début février (25 300 tonnes), suivant l’évaluation scientifique des pairs.

La baisse est due au fait que la flottille de la zone de pêche 12F, au nord du Cap-Breton, a demandé un taux d’exploitation plus bas (23,8%), comme mesure de précaution.