Une centaine d’emplois perdus au Restigouche

Plus d’une centaine de personnes perdront leur emploi dès cet été à Campbellton suite à l’annonce-surprise de la fermeture du centre d’appel de la firme Brookfield Global Integrated Services (BGIS).

À l’heure où l’entreprise Zenabis s’apprête à créer une bonne centaine d’emplois, voilà qu’un important employeur de Campbellton vient annuler ce gain d’un coup.

Les employés de BGIS sont sous le choc. Ils ont appris leur congédiement mardi en matinée. Selon un employé de l’endroit, qui préfère ne pas être identifié, l’atmosphère était loin d’être joyeuse dans les locaux de l’entreprise située sur la rue Sister Green à Campbellton. Des cadres provenant de Toronto étaient d’ailleurs descendus spécialement sur place pour annoncer en personne la triste nouvelle au groupe.

«On n’a rien eu d’officiel comme raison, mais ils ont déjà deux autres centres d’appel, un en Ontario et l’autre en Colombie-Britannique. Cela dit, au département où je travaille, on voyait cela venir depuis un moment. C’était rendu qu’on avait moins d’ouvrage et ça allait en empirant. Je crois qu’on n’était plus nécessaire pour eux», relate-t-il.

Comme plusieurs autres, son emploi prendra fin en juillet.

«C’est vraiment dommage, car on était bien traités, avec un salaire décent et de bons bénéfices. Là, certaines personnes vont partir de la région ou rester et travailler dans des conditions moins avantageuses», confie-t-il.

Pour sa part, il se mettra en quête d’un emploi, peut-être même tentera-t-il sa chance en solo.

«J’ai un projet en tête pour une petite business. Avec les projets que j’avais déjà en cours, je serais probablement capable de vivre confortablement. Si je n’y arrive pas, je vais voir ce qu’il y a d’autre dans la région. Je n’ai pas le goût de partir», a-t-il confié

Le centre d’appel de BGIS était dans la région depuis un peu plus d’une décennie. Il était alors géré par la firme SNC-Lavalin. Il est passé à BGIS l’an dernier après le rachat du géant québécois. Les appels reçus concernent uniquement l’entreprise et ses clients. Ils sont surtout liés au domaine du bâtiment et des comptes.

Comme plusieurs citoyens, le conseiller à la ville de Campbellton Frédéric Daigle a appris en journée la nouvelle.

«On parle d’une centaine de pertes d’emploi, donc une centaine de famille de la région qui sera affectée par cette décision. C’est énorme», a-t-il lancé.

Outre son rôle à l’Hôtel de Ville, M. Daigle est également entrepreneur. Propriétaire des commerces Pro-X Sports et Mercerie Drake, il craint les retombées négatives d’une perte d’emploi aussi massive et soudaine.

«C’est déjà difficile de faire des affaires dans le nord de la province. Chaque fois qu’une nouvelle comme celle-ci (fermeture, pertes d’emplois) survient, ça affecte les affaires, et surtout chez ceux qui se spécialisent comme moi dans le domaine du loisir (vélos). Les gens resserrent leurs finances et c’est normal. On ne peut pas blâmer quelqu’un qui sait qu’il perdra sous peu son emploi de vouloir conserver son argent», dit-il.

Il se console avec les récentes données qui démontrent le grand besoin en main-d’œuvre dans la région, et ce, dans à peu près tous les secteurs d’activités.

«Il y a tellement d’emplois de disponibles en ce moment dans la région. Peut-être que cette mauvaise nouvelle aura des impacts positifs pour les employeurs qui ne parviennent pas à pourvoir leurs postes. En tous cas, c’est à souhaiter, car on ne veut pas voir nos gens partir», ajoute le conseiller.