Les Autochtones pourraient se lancer dans la pêche commerciale du bar rayé

Des pêcheurs autochtones de la région de Miramichi veulent établir une pêche commerciale au bar rayé. Une telle pêche n’a pas eu lieu depuis plus de 20 ans.

Le stock du bar rayé de la rivière Miramichi et du sud du golfe du Saint-Laurent a explosé au cours des dernières années. Réduit à moins de 5000 reproducteurs à la fin des années 1990, il a dépassé la barre des 300 000, en 2016.

La semaine dernière, le ministre des Pêches et des Océans Dominic LeBlanc a annoncé que les pêcheurs récréatifs de bar rayé pourront prendre trois poissons par jour en 2018.

Jeudi, un porte-parole du MPO, Steve Hachey, a confirmé que des discussions ont lieu entourant la possibilité d’établir une pêche commerciale.

La Première nation d’Eel Ground a déposé une proposition au MPO visant à ouvrir une «pêche commerciale limitée» du bar rayé. Si elle obtient l’approbation d’Ottawa, il s’agira de la première pêche du genre dans le sud du golfe du Saint-Laurent depuis 1996.

Les détails entourant la pêche proposée n’ont pas été dévoilés. Les questions du total admissible des captures, des dates de pêche et des techniques de pêche admissibles restent donc en suspens.

Certains intervenants voient la pêche commerciale d’un bon oeil. Ils rappellent qu’à la fin des années 1990, le MPO s’était donné comme objectif de rétablir le stock du bar rayé à 30 000 reproducteurs. En atteignant un niveau presque dix fois plus élevé, un déséquilibre se serait installé dans l’écosystème.

Comme plusieurs de ses collègues, Gérald Robichaud, pêcheur de Kent, croit que le bar rayé empêche le rétablissement du saumon de l’Atlantique dans la rivière Miramichi.

«Moi je suis pour une pêche commerciale. On contrôle le chevreuil et l’orignal avec la chasse, mais le bar a été laissé aller», affirme celui qui pêche le saumon depuis plus de 30 ans.

Le MPO reconnaît que le rétablissement du stock du bar rayé coïncide avec les faibles montaisons de saumon. Il ne partage cependant pas l’opinion comme quoi il y a un lien entre les deux, rappelant que les espèces cohabitent depuis des millénaires et qu’il «n’y a aucune preuve qui confirme que le bar rayé occasionne le déclin généralisé des retours de saumon».

«…le saumon de l’Atlantique connaît les mêmes difficultés à travers l’est du Canada, dans des endroits où il n’y a pas de bar rayé», peut-on lire dans une foire aux questions du MPO sur le sujet.

L’Acadie Nouvelle a tenté de communiquer avec un porte-parole de la Première nation Eel Ground, mais on n’a pas rendu nos appels, mercredi et jeudi.

Les communautés des Premières nations le long de la côte du Nouveau-Brunswick – dont celle d’Eel Ground – ont déjà accès au bar rayé pour des fins alimentaires, sociales et cérémonielles.