Exclusif – Université de Moncton: la liste des candidats pressentis au rectorat

Les bruits de coulisses sur la course au rectorat ne manquent pas ces derniers temps à l’Université de Moncton. L’Acadie Nouvelle a dressé l’oreille en arrière-scène et a dressé une liste de candidats pressentis à la succession de Raymond Théberge.

Au cours des derniers jours, nous avons mené notre petite enquête pour tenter d’avoir une meilleure idée des forces qui se profilent à l’horizon.

Lors d’une série de conversations avec plusieurs sources au sein de la communauté universitaire (à qui nous avons garanti l’anonymat), une poignée de noms sont sortis du lot.

Nous avons par la suite contacté chacune des personnes se trouvant sur cette liste sommaire afin de sonder leur intérêt directement, question de vérifier si ce que l’on nous a dit à leur sujet est fondé ou non.

Sans grande surprise, nous avons eu droit à des réponses vagues de la part de certaines d’entre elles.

Cela s’explique en bonne partie par le fait que le poste n’a pas encore été affiché par le comité consultatif créé pour mener le processus de sélection. On ne sait donc pas, pour l’instant, quel sera le profil recherché.

Le candidat idéal devra-t-il être détenteur d’un doctorat? Devra-t-il absolument avoir fait ses armes dans le milieu universitaire? La réponse à ces questions, attendue avant la période estivale, auront assurément un impact direct sur les candidatures.

À noter que le processus de sélection n’en est qu’à ses débuts et qu’il n’aboutira probablement qu’en 2019.

D’ici là, le comité de sélection va sans doute dénicher des candidats qui ne sont pas sur notre radar en ce moment (notamment s’il retient les services d’une firme de chasseurs de tête).

La liste de candidats pressentis

L’un des noms qui sont revenus le plus souvent dans nos conversations est celui du recteur par intérim, Jacques Paul Couturier.

Jacques Paul Couturier. – Archives

Cet historien de formation a occupé divers postes au sein de l’Université de Moncton depuis les années 1990, dont celui de vice-recteur du campus d’Edmundston.

Lorsque nous l’avons approché pour en savoir davantage sur ses intentions, il n’est pas passé par quatre chemins.

«En réponse à votre question, je n’ai pas l’intention de poser ma candidature pour le rectorat», a-t-il dit par courriel avant décliner notre demande d’entrevue.

Mais en arrière-scène, plusieurs personnes (qui savent qu’il dit publiquement qu’il ne convoite pas le poste) se demandent s’il ne va pas changer d’idée si les circonstances s’y prêtent.

Certains disent espérer que Jacques Paul Couturier changera son fusil d’épaule puisqu’il connaît très bien l’institution et l’Acadie. Selon nos informations, il compte son lot de partisans dans le milieu.

Le recteur par intérim n’est pas le seul membre du personnel de l’U de M dont le nom circule abondamment. D’autres universitaires bien connus dans la communauté sont aussi pressentis comme des candidats potentiels.

C’est notamment le cas de Marie-Linda Lord. Cette ancienne journaliste et professeure d’information-communication a été, de 2011 à 2016, la première (et dernière) personne à occuper le poste de vice-rectrice aux affaires étudiantes et internationales de l’U de M.

Marie-Linda Lord – Archives

Plusieurs de nos sources s’attendent à ce qu’elle tente de devenir la première femme à prendre les rênes de l’institution. Du même souffle, elles nous rappellent que la fin de son passage au vice-rectorat risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Rappelons qu’au terme de son premier mandat de cinq ans au sein de la haute direction de l’U de M, Marie-Linda Lord a demandé le renouvellement de son mandat.

Mais cela n’a pas fait l’unanimité (la FÉÉCUM s’est opposée à sa demande). Marie-Linda Lord a retiré sa candidature en février 2016. Le poste qu’elle occupait a été aboli par la suite dans le cadre d’une restructuration.

Nous l’avons contactée par courriel en lui disant que son nom circule comme candidate pressentie et pour lui demander une entrevue.

Elle nous a répondu que «l’appel de candidatures pour le rectorat de l’Université de Moncton n’est pas encore publié; il est donc normal qu’aucune candidature ne soit encore annoncée.»

Elle a poursuivi en affirmant que la personne choisie par le Conseil des gouverneurs de l’U de M devra notamment être «compétente et engagée», être «porteuse d’un projet rassembleur des forces vives, tant de l’institution que de la communauté» pour lui redonner son rôle de leader en Acadie, au N.-B. et dans la Francophonie.

«Enfin, la personne choisie devra valoriser et mettre à profit les compétences, l’expertise et le talent des membres de notre communauté universitaire afin de faire face aux défis ensemble et de multiplier nos succès», a-t-elle dit.

Comme elle n’a pas répondu à la question principale dans son premier courriel, nous l’avons relancée en lui demandant si la rumeur voulant qu’elle convoite le poste et qu’elle s’active pour faire la promotion de son éventuelle candidature est fondée.

Elle nous a écrit qu’elle s’active au sein du Programme d’information-communication et de divers organismes «et non à la promotion d’une candidature éventuelle au rectorat.» Elle n’a cependant pas indiqué si le poste l’intéresse.

Une autre candidate pressentie issue du monde académique, cette fois-ci en Ontario, sort du lot. Toutes nos sources, sans exception, nous ont confirmé qu’elle fait l’objet de beaucoup de discussions en coulisse.

Ce nom qui nous a été répété sans arrêt, c’est celui de Linda Cardinal. Cette politologue et professeure à l’Université d’Ottawa est présentement titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques.

Linda Cardinal – Archives

Est-elle effectivement intéressée par le rectorat de l’Université de Moncton? Lors d’une courte entrevue téléphonique, elle nous a tout d’abord répondu qu’elle est «surprise et ravie» d’apprendre qu’on parle d’elle en arrière-scène.

Elle poursuit en laissant planer le doute sur ses intentions et ne dit pas clairement si elle compte présenter sa candidature. «Je me réserve le droit de considérer ce poste quand il y aura l’appel de candidatures.»

Quant à Serge Rousselle, qui est présentement le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux dans le cabinet de Brian Gallant, pourrait-il tenter sa chance?

Le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Serge Rousselle. – Archives

C’est ce se demandent bien des gens dans le milieu universitaire, qui n’ont pas oublié que ce professeur de droit devenu politicien – qui a brigué le nouveau poste de vice-recteur aux affaires étudiantes et internationales lors du processus controversé qui a mené à la nomination de Marie-Linda Lord en 2011 – a annoncé le mois dernier qu’il ne se présentera pas aux élections provinciales de septembre prochain.

Lorsqu’il a fait cette annonce, on lui a demandé s’il souhaite succéder à Raymond Théberge. Il s’est alors contenté de vanter les mérites du recteur par intérim, Jacques Paul Couturier.

En entrevue avec l’Acadie Nouvelle il y a quelques jours, nous avons tenté de l’amener à en dire davantage. Il a une fois de plus parlé de Jacques Paul Couturier.

«Je n’ai aucune décision de prise quant à mon avenir. Cela dit, je vais être franc, j’ai beaucoup de difficulté à imaginer un meilleur candidat au poste de recteur que celui qui occupe la fonction par intérim», a-t-il répondu.

Il a ensuite ajouté qu’il «pourrait être intéressant d’avoir une candidate du calibre de Linda Cardinal par exemple», en notant que l’on est en 2018 et qu’elle deviendrait ainsi la première femme à prendre les commandes de la seule université francophone de la province.