Trou noir: des manifestants bloquent la rue Principale à Tracadie

Gilles LePage, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Croissance démographique du Nouveau-Brunswick, s’engage à mettre sur pied une table de concertation de l’assurance-emploi afin de trouver des solutions aux problèmes qui affectent les employés saisonniers du Nouveau-Brunswick.

Le ministre LePage en a fait la promesse lundi après-midi, devant le bureau de son collègue Serge Rousselle, député de la circonscription de Tracadie-Sheila, où se déroulait une manifestation depuis la matinée.

«Moi et mes collègues provinciaux nous engageons à travailler à la table de concertation. La seule chose, on n’a pas l’autorité de faire des changements fédéraux. On peut travailler avec le fédéral et avec vous pour qu’on puisse faire le message. On va continuer de vous appuyer», a-t-il dit.

Une première rencontre doit avoir lieu jeudi et réunir des représentants du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Croissance démographique, du Comité d’action de l’assurance-emploi à la défense des travailleurs et travailleuses saisonniers de la Péninsule acadienne ainsi que des employeurs. Le lieu et l’heure n’ont pas encore été déterminés.

Le Comité d’action de l’assurance-emploi réclamait une table de concertation afin de trouver une solution permanente à la question du «trou noir», c’est-à-dire la période entre la fin des prestations et la reprise du travail saisonnier.

«Le fédéral a donné de l’argent à la province. On veut travailler ensemble pour trouver une solution au problème actuel une fois pour toutes», a mentionné Fernand Thibodeau, porte-parole du Comité d’action.

À son apogée, la manifestation a réuni près de 200 personnes, qui ont même brièvement réussi à bloquer la circulation sur la rue Principale de Tracadie, dans le secteur de Sheila.

Les manifestants avaient promis de rester sur place jusqu’à ce qu’ils reçoivent des réponses à certaines questions, dont la mise en place d’une table de concertation de l’assurance-emploi avec les gouvernements provincial et fédéral.

Des députés provinciaux de la Péninsule acadienne y étaient dès le départ, mais les participants ont vite réclamé la présence du ministre LePage, qui a éventuellement fait le voyage de Campbellton à Tracadie pour les rencontrer.

Au cours de l’après-midi, le ministre LePage s’est vu obligé de rappeler à la foule à plusieurs reprises que le programme de l’assurance-emploi est géré par le gouvernement fédéral à Ottawa et non par le gouvernement provincial.

Dans son plus récent budget, Ottawa s’est engagé à investir 230 millions $ au cours des prochaines années dans l’assurance-emploi. Cette année, le Nouveau-Brunswick a reçu 2,5 millions$ pour donner de la formation aux travailleurs, ce qui leur permettrait de toucher à un salaire jusqu’au retour au travail.

Les participants de ce projet-pilote peuvent soit suivre une formation générale de 30 heures par semaine et toucher à une rémunération qui correspond au maximum de leur dernière prestation d’assurance-emploi.

Ils peuvent aussi suivre une formation de 30 heures par semaine auprès d’un employeur ou d’un organisme à but non lucratif et recevoir un remboursement du salaire correspondant à 50 pour cent du taux horaire, jusqu’à un maximum de 10$ l’heure. Le salaire de base est établi à 11,25$ l’heure.

Les travailleurs saisonniers ont également réclamé une hausse de salaire pour les personnes âgées de 50 ans et plus qui participent à ces programmes. Selon le ministre LePage, les employeurs participants ont le droit de bonifier le salaire.

D’après le gouvernement provincial, 81 personnes ont fait une demande de participation à l’un des deux programmes dans la Péninsule acadienne. Au moins 59 des demandeurs sont admissibles, mais certains d’entre eux n’y participent pas encore pour différentes raisons. Par exemple, certains reçoivent encore des prestations régulières de l’assurance-emploi. Vingt-deux d’entre eux suivent des formations et six personnes effectuent un stage avec un employeur.