Gaz de schiste: Blaine Higgs prêt à lever le moratoire dans certaines régions

Blaine Higgs s’engage à lever le moratoire sur la fracturation hydraulique dans les régions qui le souhaitent s’il est porté au pouvoir en septembre.

De passage à Sussex, lundi, le chef du Parti progressiste-conservateur a rencontré une quinzaine d’entrepreneurs favorables au développement de l’industrie gazière au Nouveau-Brunswick.

Selon ce que rapporte le quotidien anglophone Telegraph-Journal, Blaine Higgs leur a promis que s’il défait les libéraux lors des prochaines élections provinciales, il lèvera le moratoire dans les coins de la province qui le demandent.

Il s’agit de la première fois que Blaine Higgs va aussi loin, même s’il a déjà par le passé penché dans cette direction. Dans sa réponse au discours du Trône, en novembre 2016, il avait parlé de la mise en oeuvre d’une «approche régionale» à la question du moratoire sur la fracturation hydraulique.

Le directeur des communications de l’opposition officielle, Bob Fowlie, nous a confirmé par courriel que son chef a bel et bien fait cette promesse lors de sa visite à Sussex.

Il nous a indiqué que son chef était en déplacement et qu’il n’était pas disponible pour une entrevue téléphonique, mais il nous a tout de même fait parvenir une déclaration écrite attribuée à Blaine Higgs.

«Nous n’avons pas besoin de lever le moratoire pour les régions qui ne le veulent pas. Nous devons prendre une décision fondée sur la science et la réalité et regarder au-delà des prochaines élections, ce que Brian Gallant a refusé de faire», peut-on y lire.

«Il y a de nombreuses raisons de prendre une décision pour les régions qui le souhaitent: des emplois locaux, un coup de pouce économique nécessaire et le besoin crucial d’un approvisionnement local en gaz naturel. Nous développerons un processus selon lequel les régions qui voudront exploiter cette ressource pourront le faire», ajoute le chef de l’opposition officielle.

Il dit s’attendre à ce que l’approvisionnement de gaz naturel extrait au Canada s’épuise d’ici à 2020 et que ce contexte soit alors propice au développement de l’industrie au Nouveau-Brunswick.

«Ensuite, nous attendons des hausses de prix importantes en raison des tarifs des pipelines pour l’importation de gaz non domestique. Nous croyons que cette industrie peut procéder de façon sécuritaire et responsable avec des garanties environnementales.»

Pas de levée du moratoire en vue

Le moratoire sur la fracturation hydraulique – une technique d’extraction du gaz qui consiste en l’injection d’eau, de sable et de produits chimiques dans le sol – a été adopté à la fin 2014, peu après l’arrivée des libéraux au pouvoir.

Le gouvernement de Brian Gallant avait alors posé cinq conditions devant être respectées avant d’envisager la levée du moratoire, dont l’acceptabilité sociale et une meilleure consultation avec les premières nations.

En 2016, les libéraux ont annoncé que le moratoire allait demeurer en vigueur indéfiniment, tant que les cinq conditions n’étaient pas être remplies.

L’Acadie Nouvelle a contacté des porte-paroles gouvernement provincial, mercredi après-midi, pour obtenir leur réaction à la promesse faite par Blaine Higgs.

Nous avons obtenu une déclaration par courriel attribuée au ministre du Développement de l’énergie et des ressources, Rick Doucet.

«Le gouvernement du Nouveau-Brunswick demeure responsable et prudent alors qu’il fait preuve de diligence raisonnable en matière de fracturation hydraulique. Nous avons défini cinq conditions pour lever un moratoire sur la fracturation hydraulique», lit-on dans cette déclaration.

Il lance ensuite des flèches au chef de l’opposition officielle.

«L’opposition peut faire des promesses, mais la réalité est que ces conditions n’ont pas été remplies. Nous n’avons pas l’intention de lever le moratoire sans que ces conditions soient remplies et démontrées.»