Inondations: «Oh mon Dieu, notre coeur est brisé»

Pendant 48 ans, le chalet rustique de Jerry McFarland, situé à Grand Lake, était un refuge chéri pour la famille et les amis, où de précieux souvenirs d’été étaient soigneusement consignés dans des journaux bien usés.

Aujourd’hui, le chalet de M. McFarland est en ruines, bousculé de ses fondations et tordu par la crue des eaux.

«Pour moi, c’était une propriété d’un million de dollars», a déclaré le résident de Fredericton, âgé de 84 ans, lundi. «C’est juste un tas d’ordures maintenant… »

Les inondations dans le centre du Nouveau-Brunswick se sont finalement stabilisées après avoir atteint des niveaux record en fin de semaine, et l’ampleur des dommages causés dans les zones coupées par la montée des eaux commence à apparaître.

Le chalet de Jerry McFarland est l’un des nombreux à Grand Lake qui ont été balayés samedi alors que les vents puissants ont poussé le gros lac à des endroits qu’il n’avait jamais atteints auparavant.

«Samedi, le vent était déchaîné, a-t-il déclaré. C’est le vent qui a soufflé les vagues… C’est le vent qui a renversé les chalets.»

Les photos postées sur les médias sociaux montrent des chalets, des roulottes et d’autres gros objets qui flottent.

M. McFarland, un superviseur de district scolaire à la retraite avec quatre enfants adultes, affirme que son chalet avait survécu aux inondations précédentes qui ont atteint des niveaux historiques en 1973 et 2008. Et il a élevé la bâtisse d’un étage de 18 pouces en 2008.

«J’étais certain de ne jamais être inondé. Mais rien de tel n’a été enregistré auparavant dans notre histoire.»

Les inondations localisées sont pratiquement un événement annuel dans cette partie du centre du Nouveau-Brunswick. À la fin d’avril et au début de mai, de fortes pluies se combinent à la fonte des neiges dans le nord du Nouveau-Brunswick pour engorger le puissant fleuve Saint-Jean et ses affluents qui constituent un vaste bassin le long de la côte ouest de la province.

Grand Lake, à 45 minutes en voiture à l’est de Fredericton, est le plus grand lac de la province avec ses 20 kilomètres de long et ses cinq kilomètres de large. Il se déverse dans la rivière Jemseg dans le fleuve Saint-Jean à l’est de Gagetown.

M. McFarland mentionne que lui et sa famille vont manquer le chalet, mais il est reconnaissant que personne n’a été blessé.

 

Le chalet était assuré, mais il est sûr que sa police n’offre pas de couverture pour les inondations.

Vanessa et Lonnie Clark, résidents de longue date de la région de Grand Lake, sont parmi les chanceux: leur maison est intacte, en grande partie parce qu’elle est construite sur une colline dans la région de Sunnyside Beach.

Dans les champs inondés à proximité, l’eau a été contaminée par de l’essence, par des réservoirs de propane flottants et par d’autres épaves, selon Vanessa Clark. Le pont qui était jadis attaché à la maison voisine de sa mère flotte sur le lac.

«Ce sont les vagues qui ont causé tant de dégâts. Les résidences se sont effondrées. Vous regardez à l’intérieur et le plancher et les réfrigérateurs flottent.»

Lonnie Clark, qui vit dans la maison depuis 51 ans, soutient que les plages avoisinantes ont été détruites et que les routes locales sont toujours inondées.

«Il y a des maisons perdues, il y a des véhicules perdus, il y a des roulottes de camping perdues, il y a des centaines d’années de souvenirs d’étés passés au lac perdus. Ce sont les sentiments qui vous habitent quand vous conduisez autour du lac: le désespoir, l’impuissance. Oh mon Dieu, notre coeur est brisé.»