Quatre églises catholiques francophones évitent la fermeture

Les églises catholiques francophones de Saint-Jean, de Fredericton, de Miramichi et de Beaverbrook évitent la fermeture, mais les fidèles devront redoubler d’ardeur pour assurer l’avenir de leur paroisse.

L’exercice de rationalisation entamé par le diocèse de Saint-Jean en 2016 a fait craindre le pire à de nombreux fidèles, dont plusieurs francophones.

Le diocèse à majorité anglophone qui s’étend jusqu’au nord de Miramichi en passant par Fredericton compte quatre paroisses francophones.

Aux prises avec d’importants défis financiers, le diocèse a jonglé avec l’idée de fermer plusieurs lieux de culte et de fusionner des paroisses.

Pour les francophones de Saint-Jean, de Fredericton, de Miramichi et de Beaverbrook, la réorganisation aurait pu signifier la perte de leur paroisse ou même la fin de la messe en français.

Le mois dernier, l’évêque de Saint-Jean, Monseigneur Robert Harris, a finalement décidé que les quatre églises demeureraient ouvertes.

«Les communautés francophones ont été respectées comme groupes», résume-t-il en entrevue.

Dans une lettre à l’intention des fidèles, l’évêque ajoute que des «considérations spéciales» ont été prises en compte durant le processus pour préserver les paroisses francophones.

Un seul changement est donc à l’ordre du jour pour les francophones. La paroisse de la Nativité-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de Miramichi sera fusionnée avec celle de l’Ascension de Beaverbrook, un petit village situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Miramichi, à compter du 1er septembre 2018.

Les deux églises, qui se partagent déjà le même prêtre, continueront à servir de lieux de culte en français.

Les catholiques francophones du diocèse ont poussé un soupir collectif de soulagement lorsque la décision de l’évêque est tombée.

«C’était un grand soulagement. Nous sommes une église unique au niveau de la culture, de la langue et de la pratique», raconte le père Shawn Daley de la paroisse Sainte-Anne-des-Pays-Bas de Fredericton.

À la grandeur du diocèse, les catholiques vont passer de 58 paroisses à 27 et de 79 églises à 70.

«Une des considérations majeures a été la situation financière précaire de certaines paroisses et leur habileté à remédier à la situation», explique Mgr Harris dans sa lettre.

Des communautés viables

À ce chapitre, les paroisses francophones ne sont pas nécessairement sorties du bois, précise-t-il.

Parce que le diocèse de Saint-Jean éprouve lui aussi des difficultés financières, les paroisses vont devoir se débrouiller seules à l’avenir sur le plan monétaire.

«Moi je souhaite beaucoup que les communautés acadiennes et francophones puissent avoir leurs églises, mais il va falloir que ces communautés puissent avoir suffisamment de fonds et de personnes pour que ça soit viable», prévient l’évêque.

Le président du conseil paroissial de Sainte-Anne-des-Pays-Bas, Ron Arsenault, n’est toutefois pas inquiet.

La paroisse francophone de Fredericton est en bonne situation financière et le nombre de paroissiens est en croissance, résume-t-il.

«Non seulement nous payons nos dettes, mais nous ramassons l’argent nécessaire pour payer nos dépenses.»

La communauté prépare aussi un plan pour assurer son avenir à long terme, notamment au plan financier.

«Nous avons une belle église qui a moins de 20 ans. Nos paroissiens l’ont payée eux-mêmes au complet. Nous faisons même des contributions aux fonds internationaux pour le soutien des communautés chrétiennes hors du pays. Il faut vraiment donner le crédit à nos paroissiens pour les contributions qu’ils font.»