Titan: une victoire historique pour les partisans

Il y avait beaucoup de monde nerveux, dimanche, pendant le sixième match de la finale de la LHJMQ entre l’Armada de Blainville-Boisbriand et le Titan d’Acadie-Bathurst. Mais étonnamment, Marie-Reine et Philippe Léger montraient un calme désarmant à quelques minutes de la mise en jeu initiale.

Arborant tous les deux un chandail autographié par les joueurs – rouge pour Philippe, blanc pour Marie-Reine -, ils étaient néanmoins excités à l’idée d’assister à une victoire historique de leurs favoris.

«Ça nous fait remonter à il y a 20 ans (en 1999). On s’en rappelle. C’était une belle journée comme aujourd’hui. Tout le monde était en bleu. On voyait du monde en ligne pour acheter des billets. Aujourd’hui, c’est la même ambiance et on souhaite voir le même résultat», mentionne Philippe, qui soutient que le Titan est le seul sujet de conversation en ville depuis trois à quatre semaines.

De son côté, Marie-Reine tente de cacher sa nervosité. Dimanche, pas question de changer la routine d’un jour de match, malgré l’importance du duel. Joseph Murcada, le gardien substitut de l’équipe que les Léger hébergent cette saison, a préparé le traditionnel pain doré dominical.

«Je suis excitée, finit par avouer Marie-Reine. Je ne veux pas le dire trop fort, mais j’ai confiance. J’ai un bon feeling que ça va se terminer aujourd’hui et quand j’ai ce feeling, ça va bien. C’est l’équipe qui va travailler le plus fort qui va gagner. Ça été comme ça depuis le début de la finale.»

Quand Jeffrey Viel a faufilé la rondelle entre les jambières du gardien Émile Samson à la septième minute et fait bondir la foule, ils ont applaudi aussi fort que les 3522 autres spectateurs présents dans l’amphithéâtre.

«Quelle période! Absolument fantastique! Il y a une super ambiance, la même chose qu’en 1999. Les gens n’arrêtent pas de crier. C’est vraiment excitant. Mon coeur bat pas mal fort actuellement, je dois prendre de grandes respirations. Le prochain but sera très important», admet Philippe, visiblement plus nerveux qu’en début de rencontre.

Marie-Reine ne bronche pas. Elle garde confiance et le but de Viel n’a fait que renforcer son sentiment.

«On a marqué le premier but. Je sens qu’on va gagner, comme il y a 20 ans. Les gars aiment ça quand il y a de l’ambiance dans l’aréna. Nous étions à Blainville-Boisbriand et ça criait pas mal fort. Mais ici, c’est encore mieux», argue-t-elle avec le sourire.

Le Titan a connu une très mauvaise deuxième période, mais quand Samuel L’Italien a profité d’un deux contre un à la 18e minute pour doubler l’avance, le toit du Centre régional K.-C.-Irving a failli exploser. Probablement soulagés, les spectateurs ont commencé à chanter «Olé! Olé! Olé! Olé!»

Dans la section 22, ce but a fait énormément de bien… «Ça va mieux, lance Philippe, en se frottant le ventre pour chasser le stress. L’Armada a travaillé plus fort.»

«Quand L’Italien marque, on gagne!», enchaîne Marie-Reine, toujours aussi sereine (de l’extérieur).

«C’est comme il y a 20 ans, poursuit Philippe. Le septième joueur (la foule), on l’entend et les joueurs l’entendent! On attend depuis si longtemps…»

Après deux minutes de jeu en troisième, les «We want the Cup!» résonnent dans l’enceinte.

Quand Drake Batherson a réduit l’écart avec moins de trois minutes à écouler, Philippe a senti un petit stress l’envahir. Mais à ses côtés, Marie-Reine est demeurée solide comme le roc.

«C’est fantastique…, a fini par dire Philippe, presque sans voix. Ce sont de grandes émotions. C’est comme il y a 20 ans. Quand l’Armada a marqué, je suis devenu très nerveux. Mais là, je suis tellement heureux!»

«Nous avons traversé les années difficiles en gardant confiance et aujourd’hui, les vrais partisans le méritent tellement. Je n’aurai plus de voix demain? Pas grave!»

Devant eux, les joueurs du Titan promènent à tour de rôle la Coupe du Président. Un moment qu’on ne voit pas souvent… Tous les 20 ans, en réalité.

«C’est une super ambiance»

Pendant la dernière minute de jeu, alors que l’Armada tentait de créer l’égalité, la foule s’est levée d’un bond et a applaudi à tout rompre le Titan.

Daniel Pilon, de Bathurst, et sa petite fille Myriam ont cherché à apercevoir Olivier Galipeau, leur «locataire». Avec un joli chapeau rouge, Daniel souriait à pleines dents.

«C’est une super ambiance. Il y avait tellement d’énergie. On a eu droit à un bon match. Le but de l’Armada a fait monter le stress, mais on a gagné. Je ne peux pas expliquer ce qui s’est passé dans les dernières secondes. Il y avait tellement de bruit que les bancs vibraient», raconte-t-il.

Non loin de là, Chloé Cormier, de Nigadoo, sautait de joie. Elle n’était pas là en 1999 – elle a 12 ans -, mais elle en a entendu beaucoup parler.

«Je suis vraiment excitée. On a attendu tellement longtemps…», lance-t-elle.

Gilles Duguay, de Sainte-Marie-Saint-Raphael, est l’un des actionnaires de l’équipe. Chandail rouge du Titan sur le dos, il a savouré chaque instant de ces célébrations.

«Nous sommes bien contents. Ça fait longtemps qu’on attendait ça. Quand nous avons acquis l’équipe, nous avions confiance. Aujourd’hui, on ne le regrette pas du tout!»

Non loin de là, Marcel Hébert et Annie Morrissette goûtaient pleinement cette euphorie. Ils ont déjà connu ça, en 1999. Annie est la fille de Léo-Guy Morrissette, l’ancien propriétaire du club.

«Je suis très contente, déclare-t-elle, les yeux brillants de joie. Je suis tellement contente pour les nouveaux propriétaires. Je souhaite que le Titan sera à Bathurst pour encore très longtemps. Mon père a certainement regardé le match à la télé. Il est l’homme le plus heureux présentement, j’en suis certaine.»