Examen d’entrée des infirmières: toujours pas de réaction de l’Association

La réaction de l’Association des infirmières et infirmiers du N.-B. se fait encore attendre, près d’une semaine après la publication d’un rapport gênant sur l’examen d’entrée à la profession.

Dans un rapport dévoilé le 9 mai, la Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick en arrive au constat que le NCLEX-RN, l’examen en ligne que doivent réussir les infirmiers pour accéder à la profession, défavorise les francophones.

Katherine d’Entremont affirme que les ressources en français afin de se préparer à le passer sont loin d’être aussi nombreuses ou d’aussi bonne qualité que celles auxquelles qui sont disponibles en anglais. Elle a aussi noté des lacunes dans sa traduction.

Cela semble avoir un impact majeur sur les diplômés de l’Université de Moncton, qui sont plus nombreux que leurs collègues de l’Université du Nouveau-Brunswick à échouer l’examen à leur première tentative. De plus en plus de ces francophones choisissent même de le passer en anglais.

Depuis le dépôt de ce rapport, l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB) –l’association professionnelle qui a adopté le NCLEX-RN en 2015– refuse de le commenter. L’Acadie Nouvelle lui a tout de même tendu une nouvelle perche, mardi.

La cheffe des communications et des relations gouvernementales de l’AIINB, Jennifer Whitehead, a décliné notre demande par courriel.

«Nous avons transmis le rapport à notre conseiller juridique pour qu’il en prenne connaissance. Nous répondrons avec plaisir à vos questions une fois que nous aurons discuté avec notre conseil», nous a-t-elle dit.

Nous l’avons relancée en lui demandant quand cela sera possible. Nous n’avons pas eu de ses nouvelles avant l’heure de tombée.

Le gouvernement ne s’en mêle pas publiquement

Le gouvernement provincial, qui réglemente les associations professionnelles telles que l’AIINB, se tient loin des débats publics pour l’instant.

Lundi, le correspondant parlementaire de l’Acadie Nouvelle a tenté d’obtenir une entrevue avec le ministre de la Santé, avec le ministre de l’Éducation postsecondaire et avec le ministre responsable des langues officielles. Ils ont tous décliné sa demande.

Le porte-parole du ministère de la Santé lui a toutefois dit que le gouvernement est «préoccupé par les récents résultats de l’examen et des incidences possibles que cela peut avoir sur le nombre d’infirmières».

Il lui avait également indiqué que Fredericton est «en étroite communication» avec les intervenants concernés et que cette question était «un élément important» des discussions concernant la nouvelle «stratégie à long terme en matière de ressources infirmières.»

Nous sommes revenus à la charge auprès du ministre responsable des langues officielles, Brian Kenny, et du premier ministre, Brian Gallant, mardi avant-midi. Nous avons reçu une déclaration écrite attribuée au ministre Kenny.

«Nous sommes évidemment préoccupés par les résultats récents de l’examen et nous voulons nous assurer que toutes les infirmières ont des règles du jeu équitables par les organismes d’accréditation. Nous sommes en contact étroit avec nos intervenants en soins infirmiers, tels que l’AIINB et les facultés de sciences infirmières, sur cette question. Cependant, je ne peux pas commenter plus en raison de l’action en justice imminente», peut-on y lire.

La pression monte depuis le dépôt du rapport

En attendant que l’AIINB sorte de son mutisme, la pression continue de monter. La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) ont annoncé plus tôt cette semaine qu’elles feront front commun et qu’elles se tourneront vers les tribunaux pour faire bouger les choses.

Depuis la publication du rapport par Katherine d’Entremont, mercredi dernier, le Réseau de santé Vitalité, l’Université de Moncton et le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick sont aussi montés au créneau pour exiger que les choses bougent dans ce dossier.