Feux de broussailles: les pompiers sur le qui-vive

Mardi, le Nouveau-Brunswick a maintenu une fois de plus son interdiction de brûlage sur l’entièreté de la province. Elle est maintenant en vigueur depuis plus d’une semaine. Mais qui dit printemps dit aussi feux de broussailles. Parlez-en au chef pompier de la brigade de Tracadie-Sheila, Émilio St-Coeur.

Six interventions pour des feux de broussailles ont eu lieu dans son secteur depuis la mise en place de l’interdiction. Une situation à la fois préoccupante et surprenante raconte-t-il.

«Je suis surpris de voir ça. Je crois que ça a à voir avec la façon dont l’information est transmise. Le gouvernement devrait mieux éduquer et sensibiliser les gens. Il pourrait faire des annonces à la radio par exemple.»

Sauf que la sensibilisation ne porte pas toujours fruit… Il y a deux semaines, M. St-Coeur et son équipe ont apposé des affiches dans la ville et les commerces pour informer les citoyens, mais en vain. Ils ont dû répondre à des incidents quand même. L’affiche se retrouve aussi sur le site internet de la municipalité.

Ailleurs dans la Péninsule, la situation est plus calme, mais les pompiers sont sur le qui-vive. «On touche du bois», comme l’indique Marc Landry, chef pompier de la brigade de Caraquet.

L’homme confirme qu’aucun incendie n’a eu lieu sur son territoire jusqu’à maintenant. Mais les pompiers prennent l’interdiction de la province très au sérieux et en appellent à la vigilance des citoyens.

L’interdiction mise en place n’empêche pas les gens de faire des demandes pour l’obtention d’un permis. Marc Landry est catégorique, «je leur dis non!» et il assure que ce sera ainsi tant que l’interdiction sera maintenue.

Normalement, lorsqu’il est permis de brûler ses rebuts, M. Landry assure être vigilant et faire du cas par cas lorsque vient le temps d’attribuer un permis.

«J’étudie les situations individuellement et je me rends souvent sur place pour voir ce que les gens veulent faire, indique-t-il. Je regarde les lieux, les choses qu’ils veulent faire, l’emplacement, aussi.»

Sauf qu’une autorisation de brûler de la province ne veut pas forcément dire qu’un permis sera attribué rappelle-t-il.

«J’ai eu un cas où la personne habitait près de l’hôpital. Les échangeurs d’air sont tout près et vont absorber la fumée quand même. Ce n’est pas bon pour les personnes malades. Je n’en donne pas quand je pense que c’est dangereux.»

Un son de cloche qui est familier du côté de Shippagan. La brigade de l’endroit a dû répondre à un premier incident lors du dernier week-end, raconte l’assistant-chef pompier Yanic Chiasson.

«La cause n’a pas été identifiée, mais il ne s’agissait pas d’un feu de broussailles planifié.»

L’assistant-chef pompier cherche aussi à responsabiliser les gens avant de s’aventurer dans l’expérience. Le vent est notamment un facteur qui est souvent négligé par les citoyens. Ce faisant, ils perdent rapidement le contrôle de leur brasier.

«On essaie de faire la prévention autant que possible, mais les gens ne comprennent pas toujours à quel point le feu peut se propager rapidement.»

M. Chiasson remarque aussi que les feux se font de plus en rares dans son secteur. Il a l’impression que des situations semblables sont plus fréquentes dans les petits villages plutôt que dans les villes.

D’une part comme de l’autre, les pompiers prônent l’utilisation de méthodes alternatives pour se défaire des branches et des feuilles. Le compostage en est une, à l’inverse des méthodes de «grand-père» comme l’indique M. Chiasson.

«On sensibilise les gens à se tourner vers les engrais, qui n’existaient pas à l’époque. Il y a aussi une question monétaire derrière tout ça. On essaie de faire comprendre aux gens qu’ils peuvent recevoir une contravention si leur feu dégénère.»

Marc Landry explique que lorsque la situation devient trop dangereuse pour faire des feux, il existe d’autres possibilités, comme la location d’une déchiqueteuse.
«Ils peuvent mettre les sacs de copeaux de bois en bordure de la route. La Ville passe fréquemment pour les récolter et en disposer.»