Retrait de la CSR-PA: Tracadie fait marche-arrière

Le divorce entre la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne (la CSR-PA) et Tracadie n’est plus d’actualité. La municipalité fait volte-face après avoir enclenché, l’année dernière, la procédure pour s’en retirer. La nouvelle réjouit et soulage.

Tracadie continuera à contribuer financièrement au fonctionnement de l’aéroport de Pokemouche et de l’office de tourisme régional. De même, la ville profitera encore des ressources proposées par les services d’urbanisme et d’inspection de la commission.

Dans un souci d’économies, les conseillers municipaux avaient décidé, en mai 2017, de ne plus faire partie de la CSR-PA à partir de juin 2019. Ils font aujourd’hui marche arrière.

«On n’a pas travaillé sur le dossier», avoue le maire, Denis Losier.

Si lui et son équipe avaient mené leur projet à terme, ils auraient dû mettre en place leur propre service d’urbanisme une fois leur retrait entériné. À un an de l’échéance, ils se sont aperçus qu’ils n’étaient pas prêts.

«Un service d’urbanisme est un organisme d’envergure. Le préparer demande du temps.»

Le maire invoque également des raisons financières.

«Nous ne sommes pas dans une situation budgétaire qui nous permette d’aller de l’avant avec l’instauration d’un nouveau service. C’est une sage décision de rester au sein de la commission. D’autant que nous accueillons maintenant, à l’intérieur de notre hôtel de ville, un bureau satellite de la CSR-PA.»

Du lundi au vendredi, un agent est présent à Tracadie, à disposition des résidents. Ce n’était pas le cas avant l’inauguration, en janvier, du nouvel édifice municipal (toujours le long de la rue Principale, mais à l’entrée nord de la ville et non plus à proximité de l’hôpital).

«Une excellente nouvelle»

À la CSR-PA, le revirement des élus signifie «une excellente nouvelle». Le désengagement de Tracadie aurait eu «un gros impact».

«Il est difficile de dire s’il y aurait eu des suppressions de postes ou pas. Ce qui est sûr c’est que nous aurions dû nous réorganiser. On en parlait, cela représentait de sérieux défis», commente le responsable des communications de la commission, Cédric Landry.

La participation de la municipalité dans les budgets de la CSR-PA est conséquente. Elle est calculée en fonction du nombre de résidents et de l’assiette fiscale.

Rien que pour les services d’inspection et d’urbanisme, Tracadie finance à hauteur de 33%. Sur un budget annuel de 1,2 million$, cela se chiffre à près de 400 000$.

Les employés de la commission ne sont pas les seuls à avoir le sourire. Georges Savoie, le maire de Neguac, exprime son soulagement.

«C’est bien que le conseil municipal de Tracadie ait à nouveau regardé la question. Si la ville était partie, ça aurait eu des effets négatifs pour toute la Péninsule acadienne.»

Sans la plus importante municipalité de la Péninsule, Neguac se serait retrouvé exclu des autres communautés, sur un plan géographique.

«Oui, nous nous serions interrogés sur notre intérêt à rester membre de la commission. Mais c’est une situation que nous n’avons plus besoin d’envisager.»

Georges Savoie se satisfait que «la région demeure intacte».