Le virus de la grippe toujours virulent au N.-B.

Le virus de la grippe a été plus meurtrier cette année qu’au cours des saisons précédentes et le nombre de cas signalés de grippe reste élevé au Nouveau-Brunswick. La situation devrait cependant revenir peu à peu à la normale.

Alors que les beaux jours se rapprochent, le virus de la grippe ne semble toujours pas vouloir prendre congé dans la province.

Au cours de la semaine du 22 au 28 avril, selon les rapports de l’activité grippale du Bureau du médecin hygiéniste en chef, 108 nouveaux cas de grippe ont été détectés.

Ces nouveaux chiffres portent le nombre de cas de la grippe signalés pendant la saison en cours (d’août 2017 à août 2018) à 2554. C’est plus de deux fois plus que l’année dernière, et ce, même si la saison n’est pas encore terminée. Au cours de la saison 2016-2017, 1193 cas avaient été signalés.

En plus de la forte augmentation du nombre d’infections, le nombre d’hospitalisations a fortement grimpé. Alors que 327 personnes ont dû être hospitalisées au cours de la saison 2016-2017, 640 personnes ont dû être prises en charge depuis août 2017 pour des cas signalés de grippe.

Le nombre de décès a également bondi. Pour la totalité de la saison 2016-2017, 14 personnes ont succombé au virus. À la fin du mois d’avril 2018, 35 personnes, dont l’écrasante majorité avait plus de 65 ans, avaient déjà trouvé la mort.

Cependant, comme le note le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick, si les cas ont été plus nombreux dans la province, ils n’ont pas été plus graves.

«La proportion des hospitalisations a atteint 25% comparativement à 27% lors de la saison précédente. De plus, les décès survenus constituaient 6% de l’ensemble des personnes ayant été hospitalisées par rapport à une moyenne de 7% enregistrée durant les saisons grippales précédentes», nous apprend par voie de courriel le responsable des communications du ministère de la Santé, Paul Bradley.

Moins efficace qu’espéré

En plus d’une activité plus importante qu’à l’habitude, la saison de la grippe en cours présente un profil singulier.

«Durant une saison de grippe normale, il y a seulement une souche de virus qui prédomine, le virus de type A ou celui de type B. Cette saison, les deux virus étaient en circulation durant la même période», explique Paul Bradley.

Un «double fardeau» qui a limité l’efficacité du vaccin, selon les premières estimations.

«Cette année, le vaccin contre la grippe saisonnière ne s’est pas révélé très efficace; surtout à cause de la circulation simultanée des deux types de virus.»

Si le vaccin s’est montré convaincant dans les cas de grippe B, responsable de 38% des hospitalisations au cours de cette saison, le vaccin contre le virus de type A H3N2, responsable de 62% des hospitalisations, a été moins efficace qu’attendu.

Selon les estimations du Bureau du médecin hygiéniste du Nouveau-Brunswick, il est probable que le vaccin pour cette souche de virus n’ait montré des résultats que pour 10 à 20% des cas.

Un retour à la normale

À plusieurs mois de la clôture de la saison d’observation de la grippe par le Bureau du médecin hygiéniste du Nouveau-Brunswick, la situation semble toujours sérieuse au Nouveau-Brunswick.

Alors qu’au niveau national, le nombre des cas de grippe signalés, des hospitalisations et des décès liés au virus est en déclin depuis le début du mois de février, les indicateurs restaient élevés dans la province à la fin du mois d’avril.

Cependant, comme le signale le ministère de la Santé, la situation est en voie d’amélioration.

«Une diminution légère, mais constante, de tous les indicateurs d’influenza au cours des trois dernières semaines a été remarquée, ce qui devrait être, à présent, la situation normale», affirme Paul Bradley.

Jusqu’à présent, la zone 1, qui comprend le Grand Moncton, le Sud-Est et une partie du comté de Kent, est la plus touchée par l’épidémie de grippe. Au 28 avril, cette zone concentrait environ 53% des cas de grippes détectés, soit 1347 infections.

La zone la moins touchée est la zone 5, qui couvre une partie du comté de Restigouche. Depuis août 2017, seulement 23 cas de grippes y avaient été signalés à la fin du mois d’avril.