Comment éviter l’heure de pointe à Moncton?

Chaque jour, plus de 31 000 automobilistes empruntent la rue Main, au centre-ville de Moncton. L’heure de pointe pour se rendre au travail et retourner à la maison peut s’avérer un réel test de patience pour les conducteur. Voici comment l’éviter.

Il est presque impossible d’échapper aux bouchons de circulation entre 7h45 et 8h15 et entre 16h et 17h30 du lundi au vendredi, si vous travaillez au centre-ville de Moncton.

Le truc: partir 10 ou 15 minutes avant ou après ces heures de pointe. La municipalité compte par ailleurs approcher des employeurs de la région pour le demander de modifier des quarts de travail pour alléger la circulation du matin et du soir.

«Dans notre plan, on veut demander aux employeurs de commencer les quarts de travail un peu plus tôt ou un peu plus tard pour disperser l’heure de pointe. En ayant de 30% à 40% des entreprises qui commencent leurs activités à 7h45, l’impact sur la circulation sera moins grand».

Ce plan dont parle Stéphane Thibodeau, coordonnateur du transport pour la Ville de Moncton, est une vision régionale sur 40 ans proposant des solutions pour mitiger les effets de la circulation automobile dans le Grand Moncton.

La solution n’est pas toujours de sortir de la marteau-piqueur pour élargir les routes existantes et en créer de nouvelle. En fait l’idée est plutôt de réduire le nombre de voies pour mieux contrôler le flot du trafic et encourager les méthodes de transport alternatives, comme le vélo et le transport en commun.

En fait, le bouchon de circulation est une méthode, pour la municipalité, de contrôler la vitesse et réduire le nombre d’accidents.

«Si on améliore ou si on ajoute plus de voies pour les véhicules, la vitesse monte et ça veut dire que le risque d’accident est plus grand et que l’impact d’une collision sera peut être plus grave que s’il y avait plus de véhicules et que la circulation était plus lente», a expliqué à l’Acadie Nouvelle M. Thibodeau.

La municipalité devrait par ailleurs annoncer cette semaine une modification majeure au chemin Mountain à la hauteur de Casino NB. L’artère passera de quatre à trois voies afin de réduire la vitesse des automobilistes et d’ajouter des pistes cyclables.

Le but est de laisser les conducteurs plus consciencieux dicter le flot du trafic. Lorsqu’il y a une voie de plus, les automobilistes qui ont le pied plus pesant dépassent d’impatience ceux qui suivent la limite de vitesse. Cela augmente le risque d’accident, selon M. Thibodeau.

«Pas à un point critique»

Par ailleurs, il n’y aurait pas trop lieu de s’impatienter d’après les données de la municipalité.

«À Halifax, tu peux être dans le trafic pendant 45 minutes. Ici, le plus longtemps que tu pourrais être dans le trafic, c’est de 18 à 20 minutes pour une journée normale».

La rue Main est une des artère les plus achalandée à Moncton, mais des bouchons de circulation se forment aussi ailleurs dans la ville. Sur le boulevard Vaughan Harvey, toujours au centre-ville, on en compte 21 000 voitures qui y circulent quotidiennement et sur la Mountain, à la hauteur de Trinity (Costco), 26 000.

«Nous ne sommes pas à un point critique», selon M. Thibodeau.

Plutôt qu’à élargir une intersection ou construire de nouvelles rues, Moncton mise davantage sur différentes option.

Après le succès du carrefour giratoire de la promenade Killam, près du Colisée, le concept pourrait être repris ailleurs dans la ville. Le concept a permis d’améliorer la circulation et de réduire le nombre d’accidents. Il donne aussi l’impression aux conducteurs de se déplacer plus rapidement.

«Si tu bouges, tu sens que tu vas quelque part. Si tu ne bouges pas, tu perds patience. Ça ne va pas bien. Avec un carrefour giratoire, tu bouges toujours. Tu n’arrêtes jamais, comparativement à une intersection normale où tu dois attendre de 30 à 60 secondes pour que le feu vert revienne», a souligné le coordonnateur du transport.

Favoriser le transport actif

Le plan, à plus long terme, est en fait de réduire l’utilisation de la voiture au profit du transport en commun et des modes de déplacement plus actifs, comme le vélo. Quand la voiture sera moins populaire, les pistes cyclables pourront prendre plus de place tout comme les sentiers.

«On aimerait voir une diminution de la voiture avec une augmentation du transport en commun, du vélo et des marcheurs. Là, on peut commencer à prendre un peu du chemin et améliorer les pistes cyclables et le service de transport en commun».

Si ça peut être une mince consolation pour certains, il devrait y avoir moins de projets routiers majeurs cet été puisque les travaux sur le boulevard Harrisville perturbent déjà beaucoup la circulation.