Inondations: les propriétaires les plus exposés devront prendre des mesures

Certains sinistrés des inondations vont pouvoir reconstruire à l’identique alors que d’autres devront se soumettre à des règles plus sévères.

La crue historique du fleuve Saint-Jean dans le sud et l’ouest du Nouveau-Brunswick a laissé d’énormes dégâts derrière elle et de nombreux propriétaires songent déjà à reconstruire.

Le gouvernement provincial a cependant annoncé cette semaine que ceux qui vivent à moins de 30 mètres d’un cours d’eau ou d’une terre humide devront prendre des mesures pour éviter d’être à nouveau victimes des inondations.

Afin d’obtenir un permis de construction (ou de reconstruction) dans ces zones, les propriétaires pourraient notamment être obligés d’élever leur bâtiment ou de l’éloigner de la rive.

«C’est un peu une question de bon sens. Si vous avez été inondé et que vous décidez de reconstruire, je pense que vous allez vouloir suivre les étapes nécessaires pour protéger votre famille et votre propriété à l’avenir», explique le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Andrew Harvey.

Ce ne sont toutefois pas tous les sinistrés qui devront se soumettre à des mesures pour minimiser les répercussions et les pertes futures attribuables aux inondations.

Selon M. Harvey, la province ne possède pas les outils législatifs nécessaires pour exiger les mêmes mesures de la part des sinistrés qui habitent à l’extérieur de la zone de 30 mètres prévue dans le règlement sur la modification des cours d’eau et des terres humides.

«Nous n’avons pas de loi en ce moment pour faire ça. Ce sont des décisions difficiles qui devront être prises dans le futur. Il y a beaucoup de plaines qui ont été inondées au-delà de la zone de 30 mètres. En tant que gouvernement, à un moment donné il va falloir étudier cette question du zonage», admet le ministre.

Un programme fédéral-provincial d’aide financière en cas de catastrophe a été mis sur pied pour venir en aide aux sinistrés. Ceux-ci pourraient recevoir jusqu’à
160 000$ pour les dommages à leur résidence principale ou 500 000$ pour leur petite entreprise.

Les résidences secondaires comme les chalets ne sont pas admissibles au programme fédéral-provincial. Fredericton a toutefois décidé d’offrir jusqu’à 6100$ à ces propriétaires pour les aider à nettoyer leur terrain.

«Le désastre va se reproduire»

Selon la Fédération canadienne des contribuables, le gouvernement ne devrait pas venir en aide à ceux qui décident de reconstruire au même endroit, de la même façon, sans prendre de nouvelles mesures pour éviter d’être à nouveau inondés.

«Certaines personnes pensent que le gouvernement devrait aider les gens en cas de désastre naturel. Je suis d’accord avec ça en principe», avance le directeur de la Fédération, Aaron Wudrick.

«Le problème, c’est quand tu sais que le désastre va probablement se produire. Dans ce cas-là, pourquoi la société devrait-elle payer pour les risques que tu prends?»

Le député de l’opposition officielle Gary Crossman croit lui aussi que les sinistrés ne devraient pas rebâtir au même endroit sans mesure d’adaptation.

«La priorité doit être le nettoyage et on s’occupera du reste plus tard, mais je ne pense pas que les gens devraient reconstruire exactement où ils étaient parce que ça pourrait arriver à nouveau.»

«J’ai parlé aux gens de ma circonscription et la majorité d’entre eux ne veulent pas payer pour les bâtiments des autres», raconte l’élu progressiste-conservateur de Hampton.