Achat de défibrillateurs externes automatisés: «Il n’y a pas de prix pour une vie»

Sensibiliser les gens à l’importance des défibrillateurs externes automatisés (DEA) dans les lieux publics, c’est l’une des missions que s’est données Lynn Power. Son souhait? Que les écoles primaires de la Péninsule acadienne soient toutes équipées d’un DEA.

Enseignante au CCNB de Caraquet, Lynn Power est la mère d’une petite fille de six ans, Emma, qui est atteinte de Tachycardie ventriculaire polymorphe cathécolaminergique (TVPC). En bref, cette maladie génétique fait en sorte que la petite fille peut s’effondrer à tout moment. Elle doit être près d’un DEA en tout temps, advenant une arythmie cardiaque inattendue.

Au-delà d’une motivation personnelle, Mme Power milite d’abord et avant tout en tant que parent. Elle a constaté que 23 écoles de la grande région de la Péninsule Acadienne n’ont pas de DEA à leur disposition. Le coût étant souvent trop élevé.

«C’est sûr que ce ne sont pas toutes les écoles qui ont une telle somme d’argent, mais il n’y a pas de prix pour une vie. Je ne voudrais pas que quelque chose arrive et qu’on dise: ‘‘on aurait dû’’.»

Elle se remémore un cas bien précis d’une femme qui regardait son fils jouer dans le gymnase de l’école et qui s’est effondré soudainement. Heureusement, il y a avait un défibrillateur sur place.

«Ç’a fait une différence. Elle a été sauvée parce qu’il y en avait un défibrillateur!»

À peine 10% survivent

Les statistiques fournies par la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Nouveau-Brunswick sont assez frappantes.

Chaque année, ce sont plus 1100 Néo-Brunswickois qui sont victimes d’un arrêt cardiaque à l’extérieur d’un centre de soins de santé. À l’échelle du pays, ce chiffre augmente à 45 000. De ces personnes, à peine 10% y survivront. Les chances de survie augmentent de 75% à 80% avec l’aide d’un DEA.

«C’est rassurant de savoir qu’il y en a un de disponible. La condition d’Emma c’est un gros stress pour nous, mais pour elle aussi. Elle savait qu’elle avait quelque chose, mais elle n’était pas en mesure de l’exprimer. Elle me disait: ‘‘maman, pourquoi je tombe?’’», explique-t-elle visiblement émue.

«Ils y croient»

Dans une missive d’une page, Lynn Power a décidé de faire appel aux gens. Dans celle-ci elle explique solliciter des dons pour faire l’achat des DEA au coût de 3750$ auprès de la Fondation.

Le tout comprend le défibrillateurs avec batterie, deux ensembles de «pads», une unité murale, une plaque de reconnaissance apposée tout près, une formation RCR et DEA pour six employés et l’inscription du DES auprès de la répartition du 911.

Depuis la publication de sa lettre sur Facebook le 15 mai, elle compte plus de 100 partages et une trentaine de commentaires. De plus, elle peut déjà compter sur l’appui du Dr. Simon-Pierre Savoie et sa conjointe, Janie St-Pierre, qui se sont engagés à en procurer un.

«Je suis très contente et très reconnaissance. Ils y croient et ça prend des gens qui y croient.»