Des fidèles prient pour les travailleurs et pêcheurs en difficulté

Les préoccupations soulevées par les employés saisonniers depuis l’hiver demeurent d’actualité. Depuis trois jours, des fidèles se réunissent en l’église de Lamèque pour se recueillir et prier spécifiquement pour les travailleurs d’usine, les pêcheurs et les autres personnes touchées par les difficultés qui secouent l’industrie.

La paroisse Saint-Pierre des îles Lamèque et Miscou a commencé une neuvaine en début de semaine. Le nombre de pèlerins varie.

Jeudi soir, ils étaient une cinquantaine. La veille, il y a avait près de 100 personnes.

Des fidèles se réunissaient déjà depuis le début mai pour souligner le mois de Marie. Avec le temps, les foules ont commencé à prendre de l’ampleur, explique le père Patrick McGraw, curé de la communauté chrétienne de la paroisse Saint-Pierre.

«On parle d’une centaine de personnes et plus. Les gens ont à cœur le secteur des pêches. On connait tous quelqu’un qui travaille dans une usine, qui pêche ou qui travaille comme homme de pont. Il y a beaucoup d’incertitude actuellement. Le niveau de stress a beaucoup augmenté. Ils se demandent s’ils seront capables d’avoir du chômage cet hiver.»

Rina Duguay, de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, figurait parmi les personnes présentes jeudi soir. Ayant auparavant travaillé dans une usine de transformation pendant près de 10 ans, elle éprouve une grande sympathie pour ses anciens collègues.

«Les travailleurs d’usine ont besoin de nos prières. Ils ont besoin de travail et de nourriture. Les pères de famille ont besoin de nourrir leurs enfants. Les gens ici vivent de la pêche. Si elle n’est plus, on ne sait pas ce qui va arriver à la communauté.»

Jean-Paul Lanteigne et Alfreda Lagacé, de Cap-Bateau, sont venus à Lamèque pour se recueillir en prière. Ils sont sensibles à la réalité des gens œuvrant dans le milieu de la pêche.

«On est venu prier pour les pêcheurs et les gens d’usine. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui vont avoir du mal à avoir leurs timbres pour l’assurance-emploi. Ils ne font pas beaucoup d’heures dans les usines», mentionne M. Lanteigne.

Bernard Haché, de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, est pêcheur de homard. M. Haché, âgé de 61 ans, perçoit un certain malaise qui règne dans l’industrie.

«C’est difficile à l’expliquer, mais il y a un malaise. Il faut que ce soit réglé, mais je ne sais pas de quelle façon. On dirait que la richesse est mal partagée.»

Par exemple, malgré le quota particulièrement élevé en 2017 dans l’industrie du crabe des neiges, plusieurs travailleurs saisonniers n’ont pu éviter le «trou noir» de l’assurance-emploi, dit-il.

M. Haché, un catholique pratiquant, serait prêt à faire des compromis si cela permettait aux gens d’accumuler plus de semaines de travail.

«Ça ne me ferait pas grand-chose d’enlever 25 cents ou 50 cents par livre de homard si cela permettait aux employés des usines de travailler un peu plus, mais ce n’est pas de même que ça se fait.»

La neuvaine se poursuit jusqu’au 28 mai.

Table de concertation

Une décision quant à la participation formelle du gouvernement fédéral à la table de concertation sur l’assurance-emploi, dont la création était réclamée par des employés saisonniers du Nouveau-Brunswick, se fait toujours attendre.

Fernand Thibodeau, porte-parole du Comité d’action sur l’assurance-emploi de la Péninsule acadienne, commence à s’impatienter. Les partisans de la table de concertation espèrent qu’elle permettra d’établir des solutions concrètes et permanentes au problème du «trou noir» de l’assurance-emploi.

Il y a quelques jours, M. Thibodeau a expédié un courriel, dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie, au ministre provincial Gilles LePage pour lui faire part de sa frustration. Il espère qu’une intervention du ministre LePage permettra de «faire bouger les choses» au sein du gouvernement fédéral, qui est responsable du dossier de l’assurance-emploi.

Dans sa réponse, M. LePage affirme avoir eu l’occasion de discuter avec Jean-Yves Duclos, ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social
«J’ai réitéré que le gouvernement fédéral doit prendre le lead dans la mise sur pied de ce comité afin de trouver des solutions à l’AE à moyen et à long terme.»

Aucun délégué d’Ottawa n’était présent à la rencontre initiale de la Table de concertation, qui s’est tenue à la fin avril, à Caraquet. Le ministre LePage, avait cependant fait part de son intention d’inviter le fédéral à y participer.

«Le ministre Duclos à l’écoute»

L’Acadie Nouvelle a contacté les bureaux du ministère fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social pour en savoir plus sur la position du ministre Duclos.

Bien qu’aucune réponse définitive quant à la participation du fédéral à la Table de concertation sur l’assurance-emploi n’a été offerte, le dialogue se poursuit, indique Valérie Glazer, adjointe spéciale en communications au ministère.

«Nous continuons de discuter avec le bureau du ministre LePage sur la meilleure façon de formaliser les échanges constructifs que nous avons déjà avec la communauté et les leaders locaux dans l’objectif de répondre aux attentes des citoyens.»

Selon Mme Glazer, au cours des derniers mois, le ministre Duclos a eu droit à plusieurs échanges avec de nombreux intervenants du Nouveau-Brunswick sur la question du trou noir de l’assurance-emploi, dont le ministre Gilles LePage, le premier ministre Brian Gallant et des groupes de travailleurs.

«Il y a des échanges constants entre le ministre Duclos et son bureau et les acteurs locaux afin de bien prendre en compte les besoins sur le terrain dans la prise de décisions. Le ministre Duclos et l’ensemble du gouvernement sont à l’écoute des travailleurs du Nouveau-Brunswick.»