Usine Nutritec: la médecin-hygiéniste en chef défend son travail et sa réputation

La médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick n’a pas tardé à répondre à un groupe de citoyens du Haut-Madawaska qui l’accuse de ne pas protéger la santé des résidents qui vivent à proximité de l’usine Nutritec d’Envirem Organics.

Jeudi dernier, plusieurs voisins de l’entreprise se sont confiés à l’Acadie Nouvelle, affirmant que celle-ci émettait constamment des polluants dans l’atmosphère ainsi que des odeurs jugées insupportables.

Ils avaient également qualifié l’intervention de la Dre Jennifer Russell dans le délicat dossier de rien de moins que «catastrophique».

«À titre de médecin-hygiéniste en chef, ma responsabilité consiste à protéger la santé des gens du Nouveau-Brunswick et je m’assure toujours que leur santé figure au centre de toutes les décisions», a tout d’abord expliqué la Dre Russell.

Selon elle, les plus récentes données du gouvernement tendent à démontrer que l’entreprise située à Saint-François-de-Madawaska continue de respecter les conditions environnementales qui lui ont été imposées par la province et par le ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux.

«Je veux insister sur le fait que nous traitons chaque plainte très sérieusement pour veiller à ce qu’il n’y ait aucun risque inacceptable pour la santé de la population», a ajouté la médecin-hygiéniste en chef.

Jennifer Russell a également tenu à rappeler que le ministère a récemment installé, près de l’usine, une unité mobile qui effectue des mesures de la qualité de l’air. Selon elle, les premiers résultats de ces mesures n’ont pas révélé d’indication de pollution.

«Cependant, nous ne sommes pas encore en mesure de tirer des conclusions définitives puisqu’il faut recueillir des données pendant six mois avant de pouvoir effectuer une analyse complète».

La médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Dre Jennifer Russell. – Archives

La médecin-hygiéniste en chef assure qu’elle travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux afin de suivre l’évolution de la situation et de pouvoir répondre aux préoccupations de plusieurs résidents du Haut-Madawaska.

Elle dit aussi vouloir communiquer directement avec les responsables de l’entreprise afin de discuter de la situation qui est source de discordes.

En ce qui a trait à la récente rencontre organisée avec quelques citoyens et intervenants dans le dossier, la Dre Jennifer Russell refuse de la qualifier de contre-performance.

«Le but principal de ma présence consistait à prendre connaissance des préoccupations et des plaintes des différents membres de la communauté. La réunion a duré environ deux heures et j’ai aussi passé un peu de temps à visiter le site de l’usine ainsi que les environs afin d’avoir une meilleure idée de la situation».

Des propos que nie en bloc le groupe d’opposants à la présence de l’usine Nutritec d’Envirem Organics, dont plusieurs ont affirmé à l’Acadie Nouvelle que la rencontre n’avait duré qu’une soixantaine de minutes.

«C’est bien vrai qu’elle a pris connaissance des environs, mais elle n’a même pas jeté un regard en direction de l’usine», a rétorqué Monique Levesque, qui mène une lutte sans merci au fabricant d’engrais organique depuis plusieurs années.