Dalhousie ne veut plus des réservoirs vides d’Énergie NB dans le paysage

Bathurst a des vestiges de la Smurfit Stone, Dalhousie a les réservoirs d’Énergie NB.

L’histoire est certes différente, il faut en convenir.

Cela dit, afin de s’assurer qu’un fiasco comme celui de Bathurst, où la destruction annoncée des silos de la Smurfit Stone s’éternise, ne se produise dans sa ville, le maire de Dalhousie croit qu’il serait plus sage de les démolir une bonne fois pour toutes.

«La dernière chose que je voudrais, c’est que quelqu’un rachète ces réservoirs pour un soi-disant projet et que ça pourrisse là pendant des années comme à Bathurst», exprime Normand Pelletier.

Selon lui, il faut se faire à l’idée. Dalhousie n’est plus une ville industrielle et les chances de voir les réservoirs ainsi que l’oléoduc d’Énergie NB reprendre du service sont quasi nulles.

Autrefois, ces cinq réservoirs servaient à entreposer le mazout utilisé par la centrale pour fabriquer l’électricité. Le combustible arrivait au port par bateau puis était transporté par un oléoduc jusqu’à la centrale. La centrale a cessé de produire de l’électricité en 2012 et a été détruite en 2015.

«Ça fait six ans que les citernes et l’oléoduc sont là à ne rien faire. Il est temps de les enlever. Ça ne fait que gâcher le paysage et rappeler à la population qu’on avait autrefois une industrie prospère. On ne veut plus voir ça là et encore moins se retrouver avec un éléphant blanc sur les bras», dit le maire.

Les réservoirs devaient initialement être démolis en même temps que le reste de l’usine. Toutefois, le ministre de l’époque, Donald Arseneault, est intervenu afin qu’ils soient sauvegardés, ce dernier croyant qu’ils pourraient toujours être utiles la région.

«Pour le moment, nous n’avons pas de possibilités d’affaires pour eux, mais je ne voudrais pas qu’on cogne à notre porte dans quatre ans et que l’on doive décliner parce que nous n’avons pas l’infrastructure nécessaire en place», confiait ce dernier à l’Acadie Nouvelle en 2014 afin de justifier sa position.

Quatre ans plus tard, personne n’est venu frapper à la porte avec un plan suffisamment sérieux pour développer le site. Et le maire de Dalhousie est persuadé qu’aucune industrie ne s’y installera.

«Au départ, certains pensaient qu’elles pourraient être utilisées pour entreposer du pétrole en provenance de l’Ouest canadien (projet Chaleur Terminal), mais c’est désormais fort peu probable», souligne-t-il.

Selon M. Pelletier, les trois plus petits réservoirs ont été construits dans les années 1960, et les deux plus grosses au début des années 1980. Au lieu de maintenir inutilement ces structures en place, il propose plutôt d’utiliser le terrain autrement.

«C’est un excellent site touristique, l’une des plus belles vues de la baie des Chaleurs que nous ayons dans toute la région. Bien aménagé, ça ferait certainement un beau terrain de camping pour roulottes. On pourrait aussi bien aménager le secteur pour que les gens puissent aller marcher, pêcher et mettre des embarcations à l’eau. Le potentiel est énorme», dit-il.

Il croit que la Ville – en partenariat avec Énergie NB – pourrait également saisir l’opportunité de créer un petit parc d’énergie solaire.

«La ligne de distribution est encore sur place. Ce serait un bel héritage de la part de la société d’État», croit M. Pelletier.

Vol de cuivre

Il n’y a pas que les citernes que la Ville aimerait voir disparaître dans ce secteur, mais bien tous les bâtiments appartenant à Énergie NB.

C’est que depuis le départ d’Énergie NB, ces lieux ont été la cible de voleurs de cuivre qui s’en sont donné à cœur joie. Ils auraient amassé, selon ce qui a été rapporté au maire, des dizaines milliers de dollars avec la revente de cuivre. Et non loin de là, on peut voir les vestiges de leurs crimes.

«Ils ont dépecé les fils électriques et jeté ça dans le bois. On a trouvé de morceaux partout en forêt, c’est vraiment désolant de voir cette pollution», note le maire Pelletier, photos à l’appui.

Selon le magistrat, certains de ces fils étaient entreposés sur le site, mais plusieurs autres ont été extraient des murs des bâtisses, ce qui les rend encore moins utiles à présent. Celui-ci ne sait plus ce qu’il reste sur place, mais il sait de bonne source que les voleurs de cuivre rôdent toujours.

«Ce qui m’agace, c’est que la présence de ce cuivre dans le coin a attiré les voleurs et là, on est rendu au point où ils s’en sont pris à des maisons habitées», ajoute-t-il, citant un cas en particulier où une résidence a été prise à partie alors que ses propriétaires étaient absents.

Pour sa part, Énergie NB confirme avoir discuté avec la Ville au sujet du vol de cuivre sur son site et se dit sensible aux préoccupations émises. Elle évalue actuellement les prochaines étapes pour atténuer la situation.