Endettement des étudiants: seulement 44% des enfants du N.-B. possèdent un REEE

Les diplômés universitaires et collégiaux du Nouveau-Brunswick comptent parmi les plus endettés au pays. En même temps, les familles de la province figurent parmi celles qui épargnent le moins en vue des études postsecondaires de leurs enfants.

Une nouvelle étude réalisée par Maurice Beaudin, économiste à l’Université de Moncton, campus de Shippagan et Jean-Bernard Robichaud, ancien recteur de l’Université de Moncton vise à démontrer qu’il existe des moyens concrets pour réduire le taux d’endettement des étudiants. Le rapport a été financé par la Fondation Universitas, un organisme qui offre des régimes enregistrés d’épargnes études (REEE) au Nouveau-Brunswick et au Québec.

Les auteurs du rapport espèrent qu’il incitera les familles à épargner davantage en investissant dans un régime d’épargne études. Elles peuvent même bénéficier de certaines subventions du gouvernement fédéral.

L’étude démontre notamment que seulement 44% des enfants de la province ont un régime d’épargne études, alors que la moyenne nationale est de 51%.

D’ailleurs, près de 75% des enfants éligibles ne sont pas inscrits au Bon d’études canadien, une subvention fédérale accordée aux bénéficiaires d’un REEE.

«Quand tu t’inscris, tu n’es même pas obligé de mettre un seul sou dans le compte et le gouvernement te donne 500$ en partant. Les trois quarts des enfants éligibles ne sont pas inscrits. Il y a un travail à faire. Si on peut au moins atteindre la moyenne canadienne, il y aurait 5500 enfants additionnels d’inscrits», explique Maurice Beaudin.

Taux d’endettement élevé

Tout cela n’est pas sans conséquence. Au Nouveau-Brunswick, environ 70% des étudiants au baccalauréat avaient contracté des dettes d’études selon des données de Statistique Canada compilées en 2012. Il s’agit du deuxième taux le plus élevé au pays après l’Île-du-Prince-Édouard.

Ce taux atteint 55% chez les étudiants collégiaux, soit le plus élevés au Canada. Tous âges confondus, la dette étudiante des Néo-Brunswickois s’élève à près de 1,38 milliard $.

«Les jeunes du Nouveau-Brunswick ont beaucoup plus recours au programme canadien de prêts étudiants qu’ailleurs. L’impact est important. Le marché d’emploi n’est plus ce qu’il était et il est difficile d’avoir un bon emploi pour entamer sa carrière. Avec une dette de 30 000$ à 40 000$, c’est difficile en début de carrière», explique Maurice Beaudin.

L’économiste Maurice Beaudin croit que l’une des solutions passe par la mise en place d’incitatifs financiers par le gouvernement provincial. Ces incitatifs s’ajouteraient aux programmes d’aide aux étudiants à faible et moyen revenu mis en place par Fredericton.

Lorsque le Québec, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan ont établi des programmes provinciaux, l’épargne pour les études a grimpé en flèche.

«Les trois provinces en question ont trois formules différentes. L’idée derrière ça est de dire, si tu reçois une subvention du fédéral, la province te donne un montant supplémentaire.»