Un coup de pouce de 106,26 $ par mois pour les proches aidants

Le gouvernement accorde une modeste prestation mensuelle aux aidants naturels, qui donnent de leur temps pour soutenir un proche en perte d’autonomie.

La province annonce qu’ils recevront 106,25 $ par mois «en reconnaissance de leur précieuse contribution et pour compenser une partie des frais engagés alors qu’ils aident une personne à demeurer à son domicile». Cette prestation non imposable est rétroactive au 1er avril 2018.

L’aide sera offerte uniquement à l’aidant d’un client du ministère du Développement social qui reçoit des services à domicile, grâce aux programmes de soins de longue durée ou de soutien aux personnes ayant un handicap.

Le client ne pourra désigner qu’une seule personne, l’aidant principal, qui bénéficiera de la prestation.

Le premier ministre Gallant reconnaît que le montant n’est pas à la hauteur du fardeau financier que peut représenter la prise en charge d’un proche.

«Nous sommes conscients que la majorité des aidants dépensent plus que ça», dit-il. Il y a de nombreux Néo-Brunswickois qui donnent plusieurs heures chaque semaine pour aider un être cher ou un ami à vivre de façon autonome. Nous voulons les aider et encourager ce genre de soutien.»

La province estime qu’environ 9000 Néo-Brunswickois pourront bénéficier de cette nouvelle aide; 11,3 millions $ ont été affectés dans le dernier budget pour financer l’initiative.

À noter que le gouvernement reconnaît le statut d’aidant naturel à tous ceux qui offrent «des soins et de l’aide de façon régulière et continue, sans être rémunérées, à une personne qui a besoin de soutien en raison de son état physique, cognitif ou mental».

Il peut s’agir aussi bien d’un conjoint que d’un parent, un enfant adulte, un ami, un voisin ou un membre de la famille élargie.

Un rôle «indispensable»

Haley Flaro était âgé de 9 ans lorsque sa mère a été diagnostiquée de la maladie de Parkinson.

Pendant plusieurs années, Haley et son frère l’ont aidée à se rendre à ses rendez-vous médicaux, à gérer ses finances et s’occuper des tâches ménagères.

Aujourd’hui directrice générale de Capacité Nouveau-Brunswick, elle travaille au quotidien avec des proches aidants qui s’occupent des personnes handicapées.

Hely Flaro les appelle la «pierre angulaire» du système de santé.

«Les proches aidants sont indispensables. Tous les hôpitaux et les foyers seraient remplis sans leur aide. Ils assurent un service que le gouvernement ne peut pas offrir.»

Cet acte de bonté se fait souvent au détriment de leur santé financière, ajoute-t-elle. Elle voit donc d’un bon oeil l’arrivée d’une nouvelle prestation.

«C’est un pas dans la bonne direction. Ça pourra les aider pour le transport ou s’ils doivent quitter le travail pour s’occuper de l’être aimé.»

Elle croit cependant que davantage de ressources seraient nécessaires pour donner un répit aux proches aidants, souvent épuisés par la tâche.

«Ça peut être très difficile de prendre soin de quelqu’un lorsqu’on travaille 40 heures par semaine, il y a beaucoup de fatigue, parfois des cas d’épuisement.»