Des milliers de saumons éviteront les filets des pêcheurs du Groenland

Afin de participer aux efforts de rétablissement des stocks de saumons de l’Atlantique, le Groenland a accepté d’abaisser considérablement son quota de captures pour les douze prochaines années.

Les eaux au large du Groenland et des îles Féroé constituent des aires d’alimentation importantes pour les grands saumons sauvages de l’Atlantique provenant de centaines de rivières d’Amérique du Nord. La pêche commerciale dans cette zone est considérée depuis plusieurs années comme étant l’un des facteurs – mais non le seul (la prédation naturelle en étant un autre) – contribuant à la baisse de cette précieuse ressource dans les rivières de l’Est-du-Canada.

Mais pour les prochaines années, les captures seront moindres par les pêcheurs de ce secteur alors que ceux-ci ont accepté d’en cesser la pêche commerciale, pêche qui se fait à partir de filets.

Historiquement, il se capture entre 40 et 45 tonnes de saumons. Le quota sera dorénavant abaissé à 20 tonnes, soit la portion réservée à la pêche de subsistance pour la population locale. En terme de quantité, cette pêche représente environ 5000 à 6000 saumons.

Cette diminution, on la doit aux négociations menées par la Fédération du saumon atlantique (FSA) et le North Atlantic Salmon Fund (NASF). Charles Cusson, directeur des programmes au sein de la FSA (Québec), est très optimiste. Il s’attend à en voir les résultats tangibles de cette mesure dès le printemps 2019.

«La pêche qui se fait dans ce secteur se déroule généralement à l’automne. Puisqu’il se pêchera beaucoup moins de saumons, on croit qu’ils seront davantage au rendez-vous pour retourner frayer dans les rivières du Nouveau-Brunswick et de l’Est-du-Québec les mois suivants», estime-t-il.

En terme de quantité, M. Cusson estime que la baisse des quotas représente quelque 7500 saumons. À première vue, cela peut sembler peu, mais c’est un ajout non négligeable à la ressource actuelle.

«L’état des stocks du saumon de l’Atlantique est très précaire en Amérique du Nord. Chaque saumon que nous pouvons sauver aujourd’hui est un saumon qui va nous aider à assurer la pérennité de l’espèce. Car un saumon pêché en mer est un saumon qui ne reviendra pas dans sa rivière. Avec 7500 poissons de moins dans les filets de pêche chaque année pendant douze ans, on donne un bon coup de pouce à la ressource. Plus nous en sauvons années après année, plus il y en aura dans nos rivières et meilleure se portera l’industrie et l’économie de nos régions. Tout s’enchaîne», dit-il, notant que la période de douze ans représente deux générations de saumons.

Afin de convaincre les pêcheurs groenlandais de participer, un montant forfaitaire a été mis sur la table par la FSA et de la NASF. Ces fonds serviront à générer des projets de développement économique, de recherche scientifique et d’éducation axés sur la conservation du milieu marin. Le montant de cette entente n’a toutefois pas été dévoilé puisqu’il provient exclusivement de partenaires du secteur privé. L’entente, qui sera valide jusqu’en 2029, a été paraphée le 24 mai. Elle survient après une ronde de négociation de douze mois.

À noter que les parties prolongent également l’entente de conservation en vigueur aux îles Féroé où aucune pêche commerciale n’aura lieu.