Deux jeunes Acadiens remportent un concours national d’ingénierie

Deux étudiants de Rogersville remportent un concours national d’ingénierie à Montréal. Leur prototype innovateur, le «Freinekensteine», s’est démarqué des concurrents au concours Freine tes ardeurs! du Défi génie inventif de l’École de technologie supérieure.

Jérémie Doiron et André Arseneault n’ont ménagé aucun effort dans leur quête pour remporter le Défi génie inventif de l’École de technologie supérieure (ETS).

Dans le cadre de la compétition, les participants devaient construire un véhicule miniature capable de freiner avec précision. Le bolide devait rouler en bas d’une pente, passer entre deux colonnes et s’arrêter le plus près possible d’un de six traits choisis au hasard.

Dès qu’ils ont commencé à travailler sur leur modèle, en novembre, les deux élèves de l’école secondaire Assomption de Rogersville sont sortis des sentiers battus. Plutôt qu’utiliser un système de freinage basé sur le blocage des roues – comme toutes les autres équipes dans la compétition -, ils ont décidé d’installer une plateforme de freinage rétractable sous leur bolide.

«Ils ont vu les modèles utilisés par les autres, mais ils ont voulu penser différemment. Cela dit, le modèle populaire semblait plus simple à première vue», affirme Philippe McCaie, enseignant responsable de l’initiative à l’école de Rogersville.

«On voulait avoir le plus de surface de contact possible, sans avoir de grosses roues. En ayant de plus grosses roues, le char va moins droit. On voulait donc des petites roues avec une grande surface de contact, et selon nous, la plateforme de freinage était la meilleure façon», explique Jérémie Doiron, qui entamera ses études en ingénierie mécanique à l’Université de Moncton, en septembre.

Les premières tentatives des deux adolescents ont été des échecs. Même lors de la compétition de qualification provinciale, à Grand-Sault au début mai, leur bolide n’était pas à la hauteur de leurs attentes.

«Ils avaient tellement fait de tests que l’aluminium était trop usé et la mécanique ne fonctionnait plus bien. On peut imaginer qu’ils ont descendu la petite rampe des centaines de fois», mentionne en riant M. McCaie.

De retour à Rogersville après avoir obtenu – contre toute attente – leur billet pour le concours national à Montréal, André et Jérémie ont mis les bouchées doubles. Ils ont décidé de reconstruire d’importantes composantes de leur bolide. Avec les connaissances et l’expérience acquises les mois précédents, ils ont conçu un modèle pratiquement imbattable.

«J’ai changé la plateforme de freinage complètement, en plus d’installer un nouveau mécanisme de déclenchement. C’était plus constant, et plus simple. Mais tout ça, c’est venu petit par petit, avec beaucoup d’essais-erreur», a fait savoir Jérémie Doiron.

«J’ai mis pas mal d’heures. J’ai été fatigué pendant presque deux semaines après. Je travaillais en arrivant de l’école jusqu’à 1h ou 2h du matin dans le garage de mon grand-père.»

À la compétition à Montréal, le 25 et 26 mai, le Freinekensteine a terminé la ronde préliminaire avec un score de 554. Il s’agissait du meilleur pointage des 22 équipes participantes et presque 20 points devant l’équipe en deuxième position.

Dans leur dernière descente en finale, ils ont arrêté leur bolide à 0 mm de la cible. Il s’agissait d’une des deux seules descentes aussi précises de toute la compétition.

«J’étais vraiment satisfait de voir que tout l’effort a valu la peine.»

Une deuxième équipe du Nouveau-Brunswick, celle de Jérémie Pallot et Thierry Dugas de l’école Louis-Mailloux de Caraquet, a participé à la compétition. Elle a terminé deuxième parmi les équipes hors Québec.