École Saint-Paul: le conseil d’éducation n’ira pas en appel

Le Conseil d’éducation du District scolaire francophone Sud ne fera pas appel de la décision de la Cour du Banc de la Reine, qui a invalidé la décision de fermer l’école Saint-Paul.

Mercredi soir, les membres du conseil ont adopté à l’unanimité une résolution à cet effet. Ils se sont engagés à examiner les besoins spécifiques de la communauté rurale afin de s’assurer que les élèves de la région reçoivent une éducation de qualité en français.

«Bien que le Conseil d’éducation (CED) ne connaisse aucune situation impliquant un élève de parents francophones ou ayants droit qui a choisi de transférer ou de l’inscrire à école anglophone, il s’engage néanmoins à s’activer auprès de la communauté», a affirmé Paul Demers, président du CED.

Le conseil d’éducation a précisé que si le gouvernement du Nouveau-Brunswick interjette appel devant la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick, il prendra des démarches afin de «défendre sa position dans le dossier, tout en assurant que son rôle clé et central en matière de gestion scolaire soit respecté».

Le juge de la Cour du Banc de la Reine, Zoël Dionne, s’est prononcé sur la fermeture de l’école Saint-Paul, le 17 mai. Il a conclu que Serge Rousselle, ancien ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, n’avait pas le droit de fermer l’école de la communauté de 850 habitants du nord de Moncton, en juin 2016.

La loi sur l’éducation stipule qu’une telle décision revient au CED. Or, le conseil avait recommandé, le 31 mars 2016, qu’une étude sociolinguistique soit menée et que la fermeture soit repoussée en attendant les résultats.

Combat pour l’école
Pour Marc Henrie, président du DSL de Saint-Paul et meneur du comité qui milite pour l’école Saint-Paul, la résolution du CED de mercredi soir est la meilleure nouvelle qu’il ait reçue depuis qu’il a commencé à mener le combat pour l’école, il y a plus de deux ans. Il croit qu’une collaboration sincère entre la communauté et les élus du district pourra enfin avoir lieu.

Sa première mission sera de convaincre le CED à valider formellement le besoin d’une nouvelle école francophone à Saint-Paul.

M. Henrie explique qu’un tel établissement est nécessaire afin de prévenir l’assimilation dans sa communauté rurale, où il y a beaucoup de familles exogames. Il ajoute qu’une étude sociolinguistique, menée par Rodrigue Landry, en 2016, confirme ses craintes.

«Il faut travailler pour protéger la vitalité linguistique de la communauté. Ce n’est pas suffisant d’évaluer la qualité de l’éducation dans les deux écoles où les enfants de Saint-Paul ont été transférés.»

Une fois la nécessité d’une école établie, la communauté et le CED pourront s’attaquer aux détails. La nouvelle école accueillera-t-elle les élèves de la maternelle à la huitième année comme l’ancienne école, ou seulement les plus jeunes? Optera-t-on pour la construction d’un nouvel édifice, ou l’amélioration d’infrastructures existantes dans la communauté?

Ces questions et bien d’autres devront trouver réponse avant la première pelletée de terre. M. Henrie estime qu’un tel jour arrivera seulement dans quelques années.
«Des dommages irréparables ont déjà été faits. Il n’est pas trop tard pour sauver Saint-Paul, mais il faut agir vite.»

La vitesse des travaux dépend aussi de la réaction du gouvernement provincial face à la décision du juge Zoël Dionne. Il a jusqu’au 17 juin à interjeter appel.

Une porte-parole du ministère de l’Éducation et de la petite enfance, Geneviève Mallet-Chiasson, a affirmé que le ministère «a reçu la décision du tribunal et analyse toujours la décision».

«Nous examinons présentement la possibilité de faire appel», a-t-elle mentionné par courriel.