Saint-Quentin: le PDG de Vitalité pris à partie par 150 citoyens en colère

Gilles Lanteigne a passé près d’une heure, lundi matin, à répondre aux questions de la population de Saint-Quentin en lien avec les services offerts à l’Hôtel-Dieu-Saint-Joseph. Et ses réponses sont loin d’avoir calmé les esprits… au contraire.

Il venait pourtant annoncer une bonne nouvelle, un investissement de l’ordre de 655 000$ destiné à remplacer les anciens appareils de radiographies par de nouveaux entièrement numériques. Les images seront désormais instantanées et de plus grande qualité.

Les quelque 150 citoyens qui ont envahi la salle de conférence et le corridor du 2e étage de l’hôpital espéraient davantage.

Ceux-ci avaient de nombreuses questions pour le PDG touchant ce qu’ils qualifient d’effritement continuel des services de santé au sein de cet établissement.

Pendant environ 45 minutes, M. Lanteigne a fait face à la musique et a répondu aux questions et aux critiques de la population quant à la gestion des soins de santé par le Réseau dans le Restigouche-Ouest.

Dans ses réponses, M. Lanteigne a conservé son discours des derniers mois, soit que l’hôpital n’a pas perdu de services. Tout au plus ceux-ci ont subi des changements et sont livrés de façon différente.

«Tout ce qui est fait a pour but l’amélioration de la livraison et l’accessibilité des services de santé», a indiqué le PDG.

«La vraie question»

Ce discours rassurant n’a cependant pas convaincu les citoyens présents.

Les griefs contre le réseau étaient nombreux. Certains citoyens ne comprennent toujours pas comment il est plus économique et efficace de se servir d’une infirmière volante d’Edmundston pour dispenser le service d’oncologie plutôt que d’utiliser (et former au besoin) le personnel sur place.

D’autres imputent directement à la gestion du réseau les démissions récentes de spécialistes, ce qui pourrait faire en sorte que (selon leurs dires) près de 2000 personnes se retrouvent sans médecin de famille.

«La vraie question, c’est pourquoi est-ce qu’on est obligé de se déplacer ici, de se battre pour protéger nos soins de santé? Pourquoi est-ce que le réseau s’obstine à ne pas nous donner ce qu’on demande? Car on ne demande que l’essentiel, pas d’avoir tous les services et de devenir un super hôpital», a lancé Hélène Savoie, citoyenne dont le jeune enfant souffre de graves problèmes de santé.

La discussion a fini par dégénérer au fil des interventions, les deux côtés s’accusant mutuellement de désinformation concernant l’état des services à l’hôpital.

Le ton a monté d’un cran lorsque Gilles Lanteigne a accusé Joanne Fortin – présidente du Comité permanent de la santé de Saint-Quentin – de mentir à la population du Restigouche-Ouest et de tenir des propos alarmistes.

Estimant avoir conversé suffisamment avec une foule qui ne cherchait pas à l’écouter, celui-ci a décidé de quitter les lieux, ce qui n’a pas fait l’affaire de certains manifestants qui lui ont carrément bloqué la sortie de la salle de conférence.

Après quelques échanges, il a finalement pu emprunter le couloir vers la sortie, non sans être chahuté sur son passage par la foule qui s’y était entassée, faute d’espace dans la salle de conférence.

Ouvert au dialogue

En entrevue privée une fois le calme revenu, le PDG n’a pas caché sa déception concernant la réception des manifestants à l’investissement annoncé pour le département de radiographie.

Cela dit, M. Lanteigne ne retient pas que du négatif de cette consultation publique improvisée.

«Ce que je retiens, c’est que ces citoyens veulent avoir un mot à dire et, de notre part, on est prêt à dialoguer avec eux afin de trouver des solutions. On n’a pas toujours besoin d’être d’accord, mais si on se respecte, je suis certain qu’on peut trouver des solutions adéquates», a-t-il indiqué, réitérant du coup l’invitation faite aux citoyens lors de la rencontre, soit de travailler de concert avec le réseau par le biais d’un nouveau comité de travail.

Pas prêts à abandonner

À sa sortie de la rencontre, le porte-parole du nouveau Comité d’action citoyenne du Restigouche-Ouest, Paul Aubut, a promis d’être le chien de garde des services de santé dans la région.

«Il y a beaucoup d’inquiétudes de la part de notre population face à ce qui arrive avec nos soins de santé, et ça prend des réponses», a-t-il lancé.

Pour sa part, Joanne Fortin s’est défendue de faire de la désinformation auprès de la population comme l’a laissé entendre M. Lanteigne.

«L’information que je véhicule provient des médecins, des infirmières et du personnel de soutien. Elle est crédible et vérifiée», soutient-elle.

Son bilan de la rencontre?

«Ce que j’ai aimé, c’est que la population a enfin pu s’exprimer directement à M. Lanteigne, lui dire ce qu’elle ressentait. C’est un pas en avant», dit-elle.

Nouveaux appareils

La séance de questions-réponses entre le PDG de Vitalité et les citoyens de Saint-Quentin a promu au second rang une annonce importante pour l’hôpital, soit l’arrivée prochaine de nouveaux appareils de radiographie numériques à l’hôpital de l’endroit, un fixe et un mobile.

Ceux-ci remplaceront les anciens appareils arrivés à leur fin de vie.

L’appareil mobile est déjà entré en service.

Pour le fixe, des travaux d’installation seront nécessaires à l’intérieur du département. Les rénovations commenceront dès cette semaine et dureront une partie de l’été.

Selon M. Lanteigne, il faut s’attendre à ce que le service de radiologie soit quelque peu chamboulé durant cette période.

«Les services seront offerts à l’aide de l’appareil portatif afin de répondre aux besoins des patients de l’urgence et ceux hospitalisés. Nous allons également tenter d’accommoder le plus possible la clientèle externe non urgente, mais il se peut que dans certains cas, des patients doivent se déplacer temporairement durant la période de construction», a-t-il indiqué.