Dominic LeBlanc songe à une pêche automnale pour récupérer les journées perdues

Dominic LeBlanc, ministre des Pêches et des Océans, évalue la possibilité d’ouvrir une pêche automnale de quelques jours afin de permettre aux pêcheurs de récupérer des journées perdues en mer à cause des baleines noires. Il souhaite aussi venir en aide aux travailleurs d’usines qui seront impactés par les fermetures.

Le ministre a participé à des réunions exhaustives avec son équipe de scientifiques et de conseillers, dimanche et lundi avant-midi, avant d’enfin prendre la décision de fermer une vaste zone de pêche entre la Péninsule acadienne et la Gaspésie.

Il a longuement considéré la proposition de l’Union des Pêcheurs des Maritimes et du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie d’autoriser la pêche dans les eaux peu profondes.

En fin de compte, il a conclu que le risque est trop élevé. Il rappelle que le décès d’une seule baleine par enchevêtrement avec un engin de pêche pourrait provoquer une fermeture du marché américain pour tous les fruits de mer canadiens – y compris la crevette, le crabe des neiges et le saumon de l’Atlantique.

«Nous avons des études scientifiques des États-Unis qui ont démontré que les baleines noires peuvent s’approcher des côtes, y compris dans les eaux de moins de 8 brasses (48 pieds). Les études ont démontré que ce sont surtout les femelles et les baleineaux qui suivent la nourriture près des côtes.»

M. LeBlanc a invité les représentants des pêcheurs à une rencontre en personne plus tard cette semaine. Il souhaite travailler avec l’industrie «afin de s’assurer que les impacts économiques soient mitigés».

Entre autres, les scientifiques du MPO l’ont avisé qu’il y a une possibilité d’ouvrir la pêche quelques jours en septembre afin que les homardiers puissent reprendre les jours perdus au printemps en raison de la présence des baleines noires.

M. LeBlanc a un souci particulier pour les travailleurs saisonniers des usines de transformation, qui sont les «plus vulnérables économiquement dans ces circonstances».

«Je pense qu’on a démontré, avec la question du trou noir, une volonté de trouver des solutions rapides et flexibles. Nous allons appliquer la même bonne volonté pour les travailleurs d’usines si on voit qu’il y a eu un impact majeur sur leurs heures ou leurs semaines de travail.»

Malgré l’appui des scientifiques, la décision d’aller de l’avant avec la fermeture dynamique, lundi, a été «difficile».

«Je ne suis pas du tout insensible ou pas soucieux de comprendre les conséquences économiques potentielles. J’ai les yeux ouverts aux inquiétudes des gens.»

«On a étudié les suggestions de façon profonde. J’ai eu des discussions avec mes fonctionnaires, tard dimanche et très tôt lundi matin, avant de prendre la décision de procéder aux fermetures. J’ai vraiment essayé à tout prix de trouver un compromis ou une solution telle que proposée par les pêcheurs.»

Quant aux menaces de certains pêcheurs de ne pas respecter la fermeture de leur zone de pêche, M. LeBlanc affirme qu’ils pourraient faire face à des poursuites judiciaires et à des conséquences par rapport à leur permis de pêche.