École Saint-Paul: le gouvernement provincial porte la cause en appel

Le gouvernement portera en appel la décision de la Cour du Banc de la Reine, qui a invalidé la décision de fermer l’école Saint-Paul.

Le mois dernier, le juge Zoël Dionne avait conclu que l’ancien ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Serge Rousselle, n’avait pas le droit de fermer l’école Saint-Paul en avril 2016. Il donnait ainsi raison aux porte-parole du comité de sauvegarde qui ont initié la demande de révision judiciaire.

Le juge Dionne a estimé que le ministre s’est donné le pouvoir de fermer l’établissement sans que le conseil d’éducation n’ait fourni de recommandation «ferme, non équivoque et définitive» en ce sens.

Dans l’avis d’appel déposé le 12 juin, la Couronne demande que la décision du juge soit infirmée et que la requête des plaignants soit rejetée. Elle avance que le juge a commis une erreur d’interprétation en concluant que le ministre a manqué à ses obligations et que sa décision n’était pas raisonnable.

Marc Henrie, qui se bat depuis deux ans pour sauver l’école, se dit «triste» mais «pas vraiment surpris» de l’option retenue par le gouvernement.

«C’est décevant de voir que le ministre conteste le droit à la gestion scolaire des conseils d’éducation francophones. C’est triste de voir qu’on va utiliser l’argent des contribuables comme si c’était de l’eau pour se battre pour une cause perdue d’avance. C’est dommage que l’énergie soit mise à la confrontation plutôt qu’à la collaboration.»

De son côté, le Conseil d’éducation du District scolaire francophone Sud a décidé de ne pas faire appel de la décision de la cour. Le CED a d’ailleurs indiqué que dans le cas où la province interjetterait appel, il prendrait des démarches afin de «défendre sa position dans le dossier, tout en assurant que son rôle clé et central en matière de gestion scolaire soit respecté».

Marc Henrie se dit encouragé par l’ouverture affichée par le conseil à travailler avec la communauté de Saint-Paul. Sa première mission sera de convaincre le CED à faire valoir le besoin d’une nouvelle école francophone dans sa communauté rurale, nécessaire selon lui pour prévenir l’assimilation.

«C’est le CED qui établit ces choses-là, pas le ministre, pour le moment on veut surtout se concentrer sur la collaboration avec le conseil scolaire», dit-il.