Finances du N.-B.: la vérificatrice générale «profondément troublée»

La vérificatrice générale met en garde les députés contre le «déclin économique persistant» au Nouveau-Brunswick et dénonce du même coup le «sous-financement chronique» de son bureau.

Kim MacPherson se dit «profondément troublée» par l’état des finances de la province.

Dans son rapport présenté mardi, la vérificatrice note que la dette publique s’est accrue de 7 milliards $ en 10 ans et que le Nouveau-Brunswick affiche la dette «la plus élevée parmi les provinces comparables».

«Je suis préoccupée du fait que les générations futures devront payer pour ces dépenses excessives», dit-elle.

«Si cela continue, le gouvernement ne sera éventuellement plus en mesure d’offrir le même niveau de programmes et de services comme les soins de santé, l’éducation et les routes.»

Selon le ministère des Finances, la dette publique atteindra 14,5 milliards $ à la fin de l’exercice financier 2018-2019.

Mme MacPherson blâme aussi le gouvernement pour avoir dépassé ses budgets avant d’avoir reçu l’approbation de l’Assemblée législative au cours de cinq des dix derniers exercices financiers.

La vérificatrice avance également que le gouvernement ne gère pas toujours efficacement ses ententes de partenariat public privé (PPP).

Elle explique que le cabinet a laissé expirer l’option d’achat d’une école de Fredericton dans le cadre d’un PPP même s’il s’agissait du scénario le «moins cher qui lui avait été présenté».

En réponse au constat de Kim MacPherson, le président du conseil du trésor, Roger Melanson, a rappelé que les libéraux ont réduit le déficit de moitié depuis leur élection tout en continuant à investir.

«Lorsque nous discutons avec les gens du Nouveau-Brunswick, ils nous disent qu’ils veulent avoir de la prospérité. Ils veulent avoir un emploi et des investissements en éducation et en santé.»

S’ils sont réélus en septembre, les libéraux comptent atteindre l’équilibre budgétaire en 2021-2022, un an plus tard qu’ils ne l’avaient promis lors de la dernière campagne.

«Nous avons un plan financier qui s’occupe du déficit, qui ajoute moins à la dette nette. Mais nous voyons aussi une croissance économique et des investissements dans notre économie», a mentionné M. Melanson.

Mme MacPherson dénonce également dans son rapport le «sous-financement chronique» de son bureau qui a atteint «un seuil critique» au point d’en «affaiblir (son) indépendance».

Selon ses calculs, le Nouveau-Brunswick consacre 2,80$ par résident au financement de son bureau alors que la Nouvelle-Écosse y consacre 4,06$ par habitant et Terre-Neuve-et-Labrador, 7,36$.

«Le processus qui est censé protéger les intérêts des contribuables et tenir le gouvernement responsable de la gestion des fonds publics ne fonctionne pas», peut-on lire dans le rapport de la vérificatrice.

De nombreux ministères et plusieurs sociétés de la Couronne n’ont pas fait l’objet d’un audit de la vérificatrice depuis au moins cinq ans en raison du manque de fonds.

Après plusieurs années de gel, le gouvernement a accordé cette année une hausse de 125 000 $ au bureau de la vérificatrice, a souligné le ministre Melanson.

Kim MacPherson réclame plutôt une augmentation d’un million de dollars sur quatre ans.

Le chef de l’opposition officielle, Blaine Higgs, a promis de lui accorder si le Parti progressiste-conservateur remporte les prochaines élections.

«J’ai dit que j’allais augmenter son budget. Elle demande pour 250 000 $ de plus par année pour quatre ans et j’ai dit oui, je vais le faire.»

M. Higgs n’a cependant pas voulu s’avancer sur le moment où un hypothétique gouvernement progressiste-conservateur atteindrait le déficit zéro avant d’obtenir les états financiers vérifiés de la province.

Roger Melanson s’est engagé mardi à rendre publics ces états financiers avant le début de la campagne électorale.