Protection des baleines: «Personne ne va bouger»

Certains pêcheurs de homards sont sur le qui-vive en ce qui a trait à la fermeture de certaines zones de pêche par le ministère des Pêches et des Océans, tandis que d’autres sont enragés contre la décision du gouvernement.

Ce sont particulièrement les pêcheurs de Miscou qui seront affectés par la fermeture de certaines zones côtières au large de l’île.

Alors que des pêcheurs ont tout simplement plié bagage et mis fin à leur saison, d’autres sont plutôt en colère et ont déjà indiqué qu’ils refuseront de se soumettre à la réglementation du gouvernement.

Un capitaine qui a requis l’anonymat pour nous parler raconte que le gouvernement fait une grave erreur. Une erreur qui pourrait lui coûter pas moins de 75 000$ estime-t-il.

«C’est notre travail, notre gagne-pain. Qui va faire vivre notre famille?», plaide-t-il.

Il dénonce par ailleurs le fait que le gouvernement n’est pas à l’écoute des suggestions faites par les pêcheurs.

Le gouvernement a publié un communiqué au cours du week-end pour dire aux pêcheurs qu’il n’y aura pas d’exceptions faites à leur égard.

«Le gouvernement pense que l’on peut tout simplement changer de place et aller ailleurs, mais ce n’est pas le cas. Nous avons entre pêcheurs une entente de ligne grand-père. Si je m’aventure sur le territoire d’un autre, il va couper mes lignes et je perds tout. C’est une question de respect entre pêcheurs.»

Russell Vibert, capitaine du Mary-Hanna est du même avis.

«Il (le gouvernement) espère que tout le monde puisse continuer à pêcher dans la minuscule zone qui sera encore ouverte. C’est impossible! Imaginez 20 000 casiers à homards au même endroit. Ce sera la guerre.»

Selon M. Vibert les demandes du gouvernement sont irréalistes.

«Ils s’attendent à ce qu’on déplace nos trappes d’ici samedi, nous ne pourrons pas le faire à temps. La météo des prochains jours ne nous permettra pas de prendre le large.»

Les deux pêcheurs font partie du groupe qui refusera de se soumettre aux demandes du gouvernement.

«Nous allons voir ce qui va se passer du côté de la Gaspésie, indique M. Vibert. Mais tout indique qu’on continuera à pêcher quand même.»

Affirmation appuyée par son acolyte.

«Personne ne va bouger. On s’est tous parlé par radio ce matin et on ne bougera pas.»

Sur le quai il y a bien visiblement de l’incertitude, mais une chose est certaine : aucun pêcheur de homards n’a jamais vu une seule baleine s’aventurer dans des eaux si peu profondes.

«Si le gouvernement est prêt à nous indemniser, à ce moment-là j’irais chercher mes cages et j’aurais fini ma saison», ajoute-t-il.

Incertitudes ailleurs

Sur les quais de Pigeon Hill et de Pointe-Sauvage, la réalité est différente puisqu’ils ne sont pas encore affectés par les fermetures de zones.

Miville Gionet, capitaine du Goéland Blanc, est tout même inquiet.

«On va voir ce qui va se passer ce soir à la réunion. Nous sommes chanceux, on n’est pas affecté encore.»

Pêcheur depuis 22 ans, il affirme ne jamais avoir vu de baleines sur les côtes.

Larry Roussel, capitaine du O.P.M, pêche depuis 24 ans et n’a lui non plus jamais vu le mammifère marin s’aventure sur les côtes.

«C’est ridicule de barrer une zone aussi grosse pour une baleine morte. Voir qu’une baleine va rentre dans le chenail.»

Il est plutôt d’avis que le gouvernement cherche plutôt à vouloir exploiter les puits pétroliers qui se trouvent sous le golfe et non pas protéger les baleines.

«Le prix n’est pas là d’avance et on nous demande de finir la saison plus tôt. C’est des pertes importantes. Nous ne sommes pas affectés en ce moment, mais on va voir ce soir ce qui va se passer.»

Denis Gauvin indique lui aussi qu’il continuera à pêcher.

«On n’est pas affecté, mais si on se rend là, je n’arrête pas à moins que l’on me donne des compensations», indique le capitaine du Gauvin.

L’incertitude se propage aussi du côté des acheteurs de homard.

Serge Chiasson indique que c’est une première.

«En 52 ans, je n’ai jamais vu ça. Je ne peux pas croire qu’ils décideraient de fermer jusqu’à la côte.»

Entre temps, les homardiers ont été conviés à une rencontre publique qui doit se dérouler à 16h au centre communautaire de Sainte-Marie-Saint-Raphaël.