Traitement des dépendances offert aux détenus: le N.-B. en queue de peloton

L’état «inacceptable» des services de traitement des dépendances et de santé mentale dans les établissements correctionnels provinciaux représente un risque pour les détenus et le public, selon la vérificatrice générale.

Dans son plus récent rapport, Kim MacPherson affirme que le Nouveau-Brunswick figure parmi les provinces «les moins efficaces» sur le plan des traitements offerts aux détenus qui sont souvent remis en liberté sans recevoir de soins adéquats.

Le Nouveau-Brunswick possède cinq établissements correctionnels pour adultes qui hébergent en moyenne 500 détenus.

À l’échelle nationale, 70% des détenus sont aux prises avec des problèmes de dépendances ou de santé mentale.

Lorsqu’ils sont incarcérés, les soins qui étaient prodigués aux détenus à l’extérieur sont souvent interrompus et l’administration des médicaments sur ordonnance n’est pas toujours maintenue, détaille la vérificatrice.

Entre les murs des prisons provinciales, des «traitements limités» sont fournis uniquement «en cas de crise», dit-elle.

«Par conséquent, l’état des détenus (est) souvent pire au moment de leur libération qu’à leur admission.»

«Lorsqu’ils sont mis en liberté dans la collectivité sans recevoir un traitement adéquat pour des problèmes de dépendances et de santé mentale, les détenus peuvent présenter un risque pour eux-mêmes et pour le public.»

Environ 50% des détenus avec des problèmes de dépendance ou de santé mentale non traités vont récidiver, selon la vérificatrice, dont 20% d’entre eux de manière violente.

Kim MacPherson explique notamment cette situation par l’absence d’une distribution claire des responsabilités entre le ministère de la Santé et le ministère de la Justice et de la Sécurité publique.

«Nos entrevues ont révélé de la confusion et de l’incompréhension chez les entités concernées à l’égard de leurs rôles et responsabilités respectifs», dit-elle.

«Voilà un bel exemple d’un segment vulnérable de notre société dont les besoins ont passé entre les mailles du filet des services gouvernementaux.»

En réaction au rapport de la vérificatrice, la province a annoncé la création d’un groupe de travail composé de représentants du ministère de la Santé et de celui de la Justice et de la Sécurité publique, ainsi que des régies régionales de la santé.

«Nous prenons la question des services de traitement des dépendances et de santé mentale dans les établissements correctionnels provinciaux très au sérieux», a affirmé le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Denis Landry, dans un communiqué de presse.

Faire en sorte que ces services soient accessibles et efficaces est une priorité pour le ministère.»

Le groupe de travail devra présenter son rapport au gouvernement au plus tard le 29 juin 2019.

Le chef du Parti vert, David Coon, estime que ce délai est «beaucoup trop long».

«C’est typique de ce gouvernement. Ils font des études, des rapports, des comités et des stratégies, mais ils n’agissent jamais. Ce dont nous avons besoin, c’est de l’action.»

«Ces gens-là sont des Néo-Brunswickois. Oui, ils sont coupables de crimes, mais ça ne veut pas dire qu’il faut les traiter comme des déchets quand ils sont en prison.