Serge Cormier: «Qu’ils manifestent, mais qu’ils ne laissent pas les trappes à l’eau»

Le député d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier, fait appel à la collaboration des pêcheurs dans les prochains jours pour protéger le marché international du Canada.

Le député a tenu à rappeler que le gouvernement était très conscient que les mesures appliquées à l’industrie de la pêche pour protéger les baleines noires auront des impacts économiques. Il précise aussi que le gouvernement n’avait pas le choix d’agir ainsi pour protéger les marchés, entre autres.

M. Cormier se désole notamment de voir que l’Union des pêcheurs des Maritimes s’est abstenue de dévoiler des informations importantes dans une lettre publiée dans nos pages mercredi.

Il indique de l’UPM a omis de mentionner deux aspects importants à ses membres et à la population.

Il est notamment question des sanctions, voire de la fermeture du marché américain et possiblement celui international, tant pour le crabe que le homard.

«Si nous ne faisons pas tout ce que nous pouvons pour protéger les baleines, nous risquons de perdre nos marchés et ils le savent. Nous leur avons dit à plusieurs reprises, mais ils ne nous croient pas sur cet enjeu-là. Ils disent qu’ils ont des contacts aux États-Unis», précise-t-il.

L’autre élément oublié concerne les demandes de l’UPM et les études scientifiques dont le gouvernement a obtenu.

«Ils nous demandent d’avoir une mesure pour les baleines dans les zones en bas de 60 pieds, mais nous avons des études qui démontrent le contraire. Les femelles et les bébés vont dans ces zones. Nous avons des études qui ont été faites ici et aux États-Unis qui le démontrent.»

L’élu évoque que le gouvernement est à l’écoute des pêcheurs et qu’il ne joue pas à un jeu.

«Nous n’essayons pas de mettre en otage ou pénaliser les pêcheurs. Nous essayons de sauver une industrie.»

La menace est bien réelle selon M. Cormier. Il donne en exemple l’industrie du phoque et la tarification imposée sur l’acier et l’aluminium.

L’an dernier, ce sont 6 milliards $ en fruits de mer qui ont été exportés mondialement. De ce nombre, 4,6 milliards sont allés aux États-Unis.

Annuellement, c’est près de 80% du homard et de 40 à 50% du crabe qui est vendu à nos voisins du sud.

Dans une tentative de maintenir les efforts du Canada pour préserver l’industrie, Serge Cormier demande aux pêcheurs de ne pas désobéir à la réglementation.

«Je leur demande de respecter les mesures. On ne peut pas courir le risque de perdre nos marchés. Ce ne sont pas juste les pêcheurs qui seront pénalisés, ce sont nos communautés et nos familles.»

Conscient qu’un ralliement communautaire doit prendre place devant son bureau jeudi matin, M. Cormier continue de demander la collaboration des gens.

«Ils peuvent manifester tant qu’ils veulent devant mon bureau, mais qu’ils ne laissent pas les trappes à l’eau.»

Enfin, il affirme que le dialogue se poursuivra avec les pêcheurs pour en arriver à des solutions pour la saison prochaine.

Une annonce d’investissement dans de nouvelles technologies doit se faire sous peu.

Il souhaite de plus rouvrir les discussions entourant la proposition sur la pêche automnale.