Vitalité sert un avertissement: l’intimidation ne passera plus

Le Réseau de santé Vitalité lance un appel au calme à la population du Restigouche-Ouest dans le dossier de l’hôpital Hôtel-Dieu-Saint-Joseph de Saint-Quentin.

Le PDG du réseau, Gilles Lanteigne, prévient les citoyens qui font preuve d’intimidation que ces gestes ne seront plus tolérés, brandissant même la menace de poursuite judiciaire.

Cet avertissement fait suite à des événements qui se sont déroulés mercredi matin. Un groupe de citoyens se seraient alors rendus à l’entrée de l’hôpital pour poser des questions aux employés de l’établissement à leur arrivée au travail, notamment leur nom, leur poste et leurs tâches.

Ceux-ci tentaient d’identifier l’infirmière d’Edmundston responsable d’offrir les services d’oncologies.

Par mesure de sécurité, les autorités policières ont été appelées sur les lieux et les traitements reportés jusqu’au départ des citoyens.

Joint par téléphone, Gilles Lanteigne a dit déplorer les gestes, estimant que ni les employés ni les patients n’ont à être mis sur la sellette.

«Nous, en tant que membre de la haute direction, on doit s’attendre à se faire poser des questions difficiles et c’est correct. Mais pour les cliniciens et les patients, on trouve que c’est déplacé de les mettre dans cette situation. Il faut que les gens se calment», a souligné le PDG.

Ce dernier est bien au fait qu’il existe une tension dans ce secteur. Il l’a vécu lui-même lundi lorsqu’il s’est fait barrer le chemin par certains citoyens, alors qu’il tentait de quitter la salle de conférence où avait lieu l’annonce.

«On est ouvert au dialogue, mais ça doit se passer dans un contexte civilisé, sans tentative d’intimidation, physique ou verbale, en personne ou encore sur le web. Car ça, ce n’est définitivement pas un climat dans lequel on veut travailler», poursuit M. Lanteigne.

Exercice pacifique

Ce regroupement impromptu est l’œuvre du Comité d’actions citoyennes du Restigouche-Ouest, comité qui a vu le jour récemment et qui s’est donné le mandat de veiller sur le sort de l’hôpital et des services qui y sont offerts.

Membre de l’organisation, l’ancien député conservateur Ben Cyr était sur place lors de l’incident reproché. Il jure qu’aucun acte agressif ou geste d’intimidation n’a été porté à l’endroit de quiconque.

«Nous étions une dizaine et tout ce que l’on voulait, c’était de poser deux questions aux personnes qui offrent les traitements d’oncologie, soit s’ils aimaient voyager l’hiver d’Edmundston jusqu’ici, pour travailler, et quelle certification possèdent-ils que nos infirmières n’ont pas. C’est tout, on ne voulait rien d’autre. On n’a pas empêché les employés et les patients d’entrer, loin de là, car c’est notre monde qui est traité ici et on veut qu’ils reçoivent leurs soins», exprime M. Cyr.

L’homme jette plutôt le blâme sur une gestionnaire qui se serait montrée particulièrement hostile envers le groupe.

«On était pacifique. La seule personne qui a levé le ton, c’est elle. On n’a absolument rien à se reprocher», précise M. Cyr qui s’étonne des proportions que donne Vitalité à l’action de mercredi.

Pour sa part, Joanne Fortin, présidente du Comité permanent de la santé, semble sceptique. Absente en matinée, elle doute de l’ampleur des gestes reprochés à ses confrères du CACRO.

Mme Fortin ne cautionne aucune forme d’intimidation pour faire avancer la cause des soins de santé au Restigouche-Ouest.

«Je ne crois pas que les gens étaient là pour intimider qui que ce soit, et ce, ni aujourd’hui, ni lundi. Cela dit, des foules c’est difficile à gérer et il faut comprendre que les gens sont frustrés par la situation. N’empêche, on a toujours privilégié le dialogue et c’est toujours ce que l’on prône», mentionne-t-elle.