Comité des 12: plus de 3000 lettres en 25 ans

Si vous avez été ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick, il y a de fortes chances que votre bureau ait déjà croulé sous le poids des lettres de Claude Snow, porte-parole du Comité des 12 pour la justice sociale.

Depuis 1993, l’organisme qui célèbre son 25e anniversaire, estime avoir envoyé plus de 3000 lettres au gouvernement provincial afin de porter des problèmes à son attention. Une réponse et une prise de position ont été exigées chaque fois.

Si le Comité des 12 poursuit ses actions avec autant d’acharnement, c’est pour tenter d’apporter de réels changements afin d’améliorer la vie des plus démunis.

Le groupe a été fondé il y a un quart de siècle en réponse aux actions du gouvernement libéral de Frank McKenna, qui se montrait dur à l’égard des bénéficiaires de l’assistance sociale, explique Anne-Marie Jourdain, membre de l’organisme.

À force de revendiquer, le Comité des 12 a réussi à assouplir, à modifier ou à éliminer quelque 200 règlements.

«On a réalisé des gains. Peut-être pas des pas de géant, mais de petites victoires ici et là qui font une différence dans la vie des gens», ajoute Mme Jourdain.

Bien que les relations n’aient pas toujours été faciles entre le Comité des 12 et le ministère du Développement social, les rapports se sont améliorés au fil des ans, reconnaît Claude Snow, porte-parole du groupe.

«Je pense qu’au tout début, le gouvernement nous voyait comme un petit groupe qui allait disparaître après un bout, mais il s’est aperçu qu’on avait beaucoup de détermination. On était bien organisé et informé. On le tenait sur ses gardes. Il s’est aperçu qu’on ne faisait pas du chialage, mais qu’on avançait des arguments et des principes pour exiger que les programmes soient conformes à des principes de base.»

L’envoi de lettres fait partie de la formule de base de revendication. Le geste semble banal, mais il a une grande portée, croit M. Snow.

«Au début, les fonctionnaires donnaient des réponses verbales, alors les gens n’étaient pas vraiment protégés. Les ministres nous disaient qu’ils avaient tellement de décisions à prendre chaque jour qu’ils ne pouvaient pas tout mettre par écrit, alors que la loi leur exigeait de le faire. Maintenant, toutes les décisions sont envoyées par écrit. Ç’a été un gain important parce que les gens soient plus en mesure de se défendre quand ils ont quelque chose par écrit.»

Bien qu’il ait toujours pleinement l’intention à demeurer engagé, M. Snow reconnaît que certains défis se pointent à l’horizon. L’organisme attire une certaine relève, mais plusieurs des membres actuels sont vieillissants. Le Comité des 12 pourrait alors être appelé à prendre une nouvelle forme au cours des prochaines années.

«Je crois que ça va peut-être changer de forme, mais les gens continueront de s’engager, à leur façon. En ce moment, on le fait beaucoup par correspondance et on exige des réponses. On compile le tout et on réussit à faire changer des politiques, mais il y a plusieurs façons de s’engager.»