Voici ce que contenait la capsule temporelle à Shippagan

C’est avec le regard tourner vers l’avenir que l’Université de Moncton, campus de Shippagan, a pu effectuer un retour dans le temps. Le contenu d’une capsule temporelle vieille de 70 ans a été dévoilé au public mardi matin. Elle a été retrouvée complètement par hasard dans une brique de mortier sur laquelle reposait une plaque de commémoration de la construction du pavillon Irène-Léger en 1948.

Elle a été découverte dans la foulée des travaux de construction d’une annexe de 29 000 pieds à l’UMCS qui sera occupé en septembre 2018 par des étudiants du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

Le projet de 11 millions $ est considéré comme étant important pour l’avenir des deux établissements postsecondaires de la Péninsule acadienne.

Une centaine de personnes ont assisté à l’ouverture de la capsule mardi matin dans l’amphithéâtre Gisèle-McGraw. Plusieurs autres ont suivi l’événement sur Facebook Live.

La capsule a été placée en 1948 à l’occasion de l’inauguration du couvent Jésus-Marie, un pensionnat administré par les religieuses Jésus-Marie. L’endroit a été rebaptisé le Collège Jésus-Marie en 1960 et est devenu l’un des premiers à offrir le baccalauréat ès arts aux jeunes filles de la région.

À l’intérieur s’y trouvait un exemplaire du journal L’Évangéline du 28 octobre 1948, un billet d’un dollar canadien, une pièce de 25 cents, la carte mortuaire d’une religieuse, la mère Marie Sainte-Thèrèse, décédée le 11 août 1947 et deux lettres. L’une d’elles était dactylographiée et l’autre écrite en calligraphie dans un langage qui rappelle très bien l’importance de la religion à l’époque.

«On est impressionné par les formules utilisées. Elles sont très ronflantes. On a l’impression qu’elle (la construction du couvent) est une œuvre providentielle», souligne Nicolas Landry, professeur d’histoire à l’UMCS.

«La religion était indissociable de l’éducation. Elle était imbriquée même dans les activités artistiques. Le thème religieux était prédominant et ça faisait partie d’une formation académique.»

Le fait d’avoir caché une boîte en métal avec des objets destinés aux générations futures n’a rien de surprenant. Il s’agissait d’une pratique courante et populaire à l’époque, ajoute M. Landry.

«On insérait un document qui résumait les principales informations de la cérémonie. La plupart du temps on mentionnait le nom de l’évêque qui a béni l’édifice, de même que les objectifs de la congrégation, etc. Il pouvait y avoir des passages en latin, mais l’objectif était de commémorer l’importance de cette œuvre. Cette coutume a perdu du souffle à partir des années 1950, parce qu’avec des nouveaux édifices, on a pris l’habitude d’installer les plaques avec le même genre d’information.»

Sid-Ahmed Selouani, vice-recteur de l’UMCS, prend plaisir à savoir que les religieuses étaient animées par un désir de faire valoir l’importance de l’éducation à Shippagan. Il a tracé un parallèle entre les débuts du couvent et la mise en place du projet de cohabitation de l’UMCS et du CCNB.

«Nous sommes témoins d’un clin d’oeil historique, parce que les religieuses ne pouvaient savoir qu’exactement 70 ans plus tard que nous serions aussi animés par le même rêve et en train de défricher le même chemin, qui est celui qui mène à la connaissance. Le projet de cohabitation c’est la même vision, soit de donner les outils nécessaires à notre société pour qu’elle puisse être prospère.»

Les objets dans la boîte seront immortalisés en photo et remis dans la boîte, qui sera de nouveau fermée. Une petite exposition permanente consacrée à la capsule sera présentée dans le pavillon Irène-Légère.