Délit de fuite mortel à Richibucto: un homme accusé

Des accusations ont été portées contre un homme âgé de 56 ans, de Saint-Charles, en lien avec un délit de fuite et le décès de Brady Francis, âgé de 22 ans, de la Première Nation d’Elsipogtog.

Maurice Johnson est accusé d’omission de s’arrêter sur les lieux d’un incident ayant entraîné des lésions corporelles ou un décès.

Il comparaîtra en cour provinciale à Moncton, le 10 juillet, pour inscrire son plaidoyer. D’ici là, il demeure en liberté.

Brady Francis a été happé par un véhicule le 24 février alors qu’il se trouvait à pied en bordure du chemin Saint-Charles-Sud, près de Richibucto. Il était âgé de 22 ans.

Le conducteur a quitté la scène sans prêter secours à la victime, qui a succombé à ses blessures.

Une camionnette a été saisie le lendemain par la GRC et a par la suite été rendue à son propriétaire. Selon ce que l’Acadie Nouvelle a pu apprendre, Maurice Johnson est le propriétaire de la camionnette qui a été saisie.

Au cours des semaines suivantes, la GRC a demandé à toute personne ayant vu le véhicule en question dans la région de Richibucto, le 24 février, de lui faire signe.

Le 15 mars, une personne a été arrêtée, selon la caporale Jullie Rogers-Marsh, porte-parole de la GRC au NB. Cette personne a par la suite retrouvé sa liberté sans être accusée.

«C’était dans le cadre de l’enquête. Une personne a été interrogée et a ensuite été libérée. Nos enquêteurs croyaient que la personne avait de l’information pouvant faire avancer l’enquête.»

Au cours des semaines qui ont suivi le décès de Brady Francis, de nombreux membres de la communauté autochtone d’Elsipogtog ont fait part de leur frustration face à lenteur de l’enquête et ont exprimé le souhait que le conducteur de la camionnette passe aux aveux.

Une manifestation pacifique a eu lieu devant l’hôtel de ville de Moncton, le 7 avril, afin de réclamer justice pour Brady Francis. Près de 250 personnes y ont participé.

Soulagement dans la communauté d’Elsipogtog

Les membres de la communauté d’Elsipogtog, situé à environ 10 minutes de route de Saint-Charles, sont soulagés. Depuis près de quatre mois, ils mènent une campagne nommée Justice for Brady, militant pour que des accusations soient déposées dans le cadre du décès de Brady Francis.

Ruth Levi, membre du conseil de bande et directrice des services sociaux d’Elsipogtog, affirme qu’ils peuvent enfin commencer le processus de guérison.

«Les membres de la communauté sont très heureux qu’on commence à rendre justice à Brady. Ils sont soulagés que quelqu’un soit redevable de sa mort. Ils sont surtout soulagés que le dossier ne soit pas dans un coin de bureau de la GRC, en train de ramasser la poussière. Ça va de l’avant.»

Mme Levi ne croit pas que la situation provoque des tensions entre la communauté autochtone et la communauté non-autochtone de Kent-Nord. Elle assure que les gens d’Elsipogtog ont l’intention d’être collaboratifs jusqu’à la fin du processus devant les tribunaux.

Ils feront confiance aux procureurs de la Couronne, qui «ont la responsabilité de s’assurer que la justice soit rendue jusqu’au bout».

«Les relations entre les autochtones et les non-autochtones, du temps où j’étais adolescente et aujourd’hui, se sont beaucoup améliorées. Nous ne voyons pas beaucoup de racisme dans le comté de Kent. Il y a des mariages mixtes et nous voyons des membres d’une communauté visiter l’autre. On ne voyait pas ça avant. Et ce n’est pas à la veille de changer.»

La famille du jeune homme décédé le 24 février a vécu des émotions fortes, mercredi, en apprenant que des accusations ont été déposées contre Maurice Johnson.

«Plusieurs larmes ont été versées, comme on pouvait s’y attendre, mais les nuits sans sommeil sont presque terminées. Il y en aura d’autres, avec le procès, mais elles seront moins difficiles parce que nous savons qui est responsable.»