Examen des infirmières: le ministre Bourque promet de s’impliquer

Le ministre de la Santé promet de s’investir davantage pour régler la crise entourant le test informatisé d’entrée à la profession infirmière.

Plus tôt cette semaine, l’Université de Moncton, le Réseau de santé Vitalité, le CCNB et l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne ont fait une sortie commune, dénonçant une situation qu’ils qualifient d’injuste et de discriminatoire.

Selon eux, le test NCLEX-RN, adopté par l’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB), désavantage les francophones en raison de sa traduction inadéquate et du manque de ressources préparatoires en français.

Jusqu’à présent, le ministre se refusait à agir, prétextant que l’association est ultimement responsable de traiter les questions ayant trait à son examen d’admission à la pratique infirmière.
Benoit Bourque dit désormais vouloir jouer un rôle plus prépondérant et régler le problème «le plus tôt possible».

«En tant que ministre, je m’engage à assumer un rôle de leadership plus important pour m’assurer qu’on corrige cette situation», assure-t-il en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

Le ministre de la Santé compte créer un comité de travail afin de d’asseoir tout le monde autour de la table. Il propose également de nommer un médiateur chargé de faciliter les échanges.

«Je veux m’assurer que les différents intervenants se parlent et aient des contacts réguliers et de bonne foi pour voir à une solution. Pour avoir parlé aux différents intervenants, tout le monde est d’accord qu’il faut régler cette situation le plus vite possible, il y a une volonté de collaboration.»

M. Bourque refuse cependant de se prononcer sur la possibilité d’un examen alternatif, une idée défendue notamment par l’Université de Moncton.

«Je ne suis pas prêt à spéculer sur les solutions pour le moment. Nous regardons plus d’une option et nous sommes sûrs que nous en arriverons à une solution qui devrait satisfaire l’ensemble des parties.»

Le mois dernier, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton ont déposé un recours judiciaire contre l’AIINB, contestant l’adoption du NCLEX-RN comme examen exclusif d’accès à la profession.

La loi sur les langues officielles prévoit qu’une personne ne peut pas être défavorisée parce qu’elle a choisi une langue officielle plutôt qu’une autre pour satisfaire à une exigence d’une association professionnelle.
Depuis, l’organisme de réglementation s’est muré dans le silence et s’abstient de communiquer sur d’éventuelles pistes de solution.

Le ministre Bourque fait savoir que la province s’assurera que la loi soit respectée.

«La province a la responsabilité de faire respecter la loi sur les langues officielles et nous nous engageons à le faire. L’association de son côté en est très consciente et collabore avec nous dans ce sens.»

Des réactions aux antipodes

Sur Twitter, le recteur par intérim de l’Université de Moncton a salué la décision du ministre Bourque d’intervenir dans le dossier.

«Un développement positif qui permettra de travailler à la mise en place d’une solution qui intègre et respecte toutes les préoccupations des uns et des autres», écrit Jacques Paul Couturier.

Le nouveau président de la SANB, Robert Melanson, a lui eu des mots plus durs à l’endroit du ministre de la Santé.

«Je pense que le gouvernement essaie juste de se donner du temps en créant un comité et essaie de remettre à plus tard ce qui devrait être fait tout de suite.»

Robert Melanson appelle à la création d’un examen de rechange, créé par des francophones du Nouveau-Brunswick.

«Ça doit être adressé immédiatement et il faut arrêter de faire traîner les choses», lance-t-il.