Grand Moncton: nouveau projet d’école privée francophone

Un nouveau projet d’école privée francophone est en gestation dans la région de Moncton. Si tout se passe comme prévu, son instigateur pense pouvoir ouvrir ses portes en septembre 2019.

Le propriétaire d’une entreprise de tutorat de Dieppe, Kevin Mazerolle, est derrière ce projet embryonnaire. Il rêve de créer la première école privée francophone dans les provinces de l’Atlantique.

L’idée lui est venue plus tôt cette année lorsqu’il s’est mis à réfléchir aux lacunes des écoles publiques, dans lesquelles il a travaillé à titre d’enseignant ressource.

«J’ai été dans le système et je sais quoi-ce qu’est les défis et qu’il y a des enfants qui peuvent passer inaperçus et à qui on n’offre pas de service», raconte-t-il en entrevue.

Au cours des derniers mois, il a fait de la recherche et réalisé qu’un projet semblable avait été mis sur les rails dans la région il y a dix ans, soit l’Académie Maris Stella. Une cinquantaine de famille s’étaient dites prêtes à payer de 8000 à 9000$ par année pour y envoyer leur enfant.

Le projet était cependant tombé à l’eau, faute d’inscriptions. Cela ne décourage pas Kevin Mazerolle, qui y voit tout de même le signe qu’il y a un besoin pour une école privée francophone de taille modeste dans le Grand Moncton.

Récemment, il a décidé de pousser les choses un peu plus loin et de lancer un sondage en ligne afin de tâter le terrain. Il a été partagé la semaine dernière sur Facebook. Une dizaine de parents ont déjà démontré de l’intérêt, dit-il.

L’école qu’il envisage accueillerait des jeunes de la maternelle à la huitième année. Chaque classe serait composée d’une douzaine élèves, ce qui est nettement moins que la moyenne de 22,2 élèves par classe l’année dernière dans le District scolaire francophone Sud (dans les groupes de la première à la huitième année).

En plus d’un accès accru aux enseignants, les élèves qui ont besoin d’un coup de pouce seraient suivis de près par du personnel d’appui à l’apprentissage et auraient accès à des services spécialisés (par exemple pour la dyslexie et pour d’autres troubles).

Le coût annuel de l’inscription serait de plusieurs milliers de dollars par enfant. «Moi, je me situe entre 7500 et 8500$. C’est le top, je pense, pour que le plus d’enfants et de familles puissent en bénéficier», dit Kevin Mazerolle.

Cette somme peut sembler salée, mais elle se compare à ce que dépensent déjà certains parents afin d’offrir à leurs enfants des services privés de tutorat, argumente-t-il.

«Tout de suite, j’ai des élèves qui sont suivis trois fois par semaine. Trois fois par semaine à 50 ou 60$ l’heure, ça vient à 180$ par semaine. Si tu fais le calcul fois 52 semaines, ça dépasse les 8000$ (par année). Ça, c’est juste pour trois heures par semaine. Tandis que là (dans une éventuelle école privée), on offre (des services) à la longueur de la journée, en plus des services individuels.»

Il dit ne pas craindre d’affaiblir le système public d’éducation en pilotant ce projet d’école privée. L’ampleur que pourrait prendre la nouvelle institution ne serait pas assez importante pour faire des dégâts, croit-il.

«Il faudrait vraiment que beaucoup d’élèves sortent du système public pour venir à l’école privée pour que ça affecte le système public. Si t’as 10 élèves par école qui sortent, ça ne peut pas vraiment affecter le système au niveau des services qu’ils offrent présentement.»

D’autant plus qu’au Nouveau-Brunswick, contrairement à d’autres provinces, les subventions gouvernementales ne suivent pas les élèves lorsqu’ils vont dans les écoles privées.