Haut-Madawaska: «C’est presque impossible de voir un médecin»

Liste d’attente interminable, services déficients, horaires restreints, manque de professionnels de la santé disponibles, les griefs à l’endroit de la Clinique médicale du Haut-Madawaska se font très nombreux.

Le Centre de santé communautaire, qui est situé à Clair, est l’objet de vives critiques de la part de quelques citoyens mécontents qui n’hésitent pas de parler d’une situation injustifiable et inacceptable.

Doté d’installations résolument modernes, spacieuses et confortables, l’endroit faisait pourtant l’envie de nombreuses collectivités et suscitait un sentiment de fierté auprès de la population il y a à peine quatre mois, alors que l’on procédait à son inauguration officielle.

Après des années d’efforts et des investissements de l’ordre de deux millions de dollars provenant du public, de la municipalité, des industries et du gouvernement provincial, il appert qu’il reste encore du travail à faire afin que l’établissement puisse mériter son étiquette de «super clinique».

À titre d’exemple, pour avoir accès à un médecin de famille où à une infirmière praticienne qui accepte de nouveaux patients, le temps d’attente peut aisément dépasser deux années, voire un peu plus.

Une situation que dénoncent des citoyens ainsi que différents intervenants du domaine de la santé qui se sont confiés à l’Acadie Nouvelle au cours des derniers jours.

«C’est presque impossible de voir un médecin dans cet endroit qui a couté un bras et la moitié d’une jambe… Y’a des problèmes quelque part», déplore Gérald Pelletier, un homme d’affaires originaire de Lac Baker.

«C’est bien correct qu’on m’oublie, mais il y a dans le Haut-Madawaska des gens qui travaillent dans des industries et une population qui ont droit à plus de services», ajoute-t-il.

Le Réseau de santé Vitalité s’est dit conscient de toute cette problématique qui s’étend bien au-delà de la Clinique médicale du Haut-Madawaska.

«Nous intensifions nos stratégies de recrutement et réorganisons les horaires afin de diminuer les impacts sur les soins de santé prodigués aux patients. Nous sommes toutefois confiants qu’il s’agit d’une situation temporaire qui s’allégera au cours des prochains mois» a indiqué Thomas Lizotte, porte-parole du Réseau de santé Vitalité.

Patienter des mois ou des années

La très vieille expression «prendre son mal en patience» prend toute sa signification lorsqu’une vérification faite par l’Acadie Nouvelle permet d’apprendre qu’il est virtuellement impossible de se dénicher un nouveau médecin de famille à moins de patienter plusieurs mois.

D’un endroit à un autre, ce temps d’attente peut s’étendre de cinq mois, si tout va bien, à un peu plus de deux années. Un véritable non-sens affirment ouvertement plusieurs personnes.

Pour une jeune famille désirant s’installer au Haut-Madawaska, la tâche s’annoncera titanesque et il faudra s’armer de patience avant d’avoir droit à des soins de santé de qualité à proximité de son patelin.

«Le nombre de départs à la retraite en croissance, la saison estivale qui commence tout juste à battre son plein ainsi qu’un problème significatif de recrutement au nord-ouest de la province jouent définitivement en défaveur du temps d’attente lié aux différents services médicaux disponibles», a précisé à ce sujet le représentant du réseau Vitalité.

D’autres voix ont tout de même témoigné du fait qu’il est possible de trouver à la Clinique médicale du Haut-Madawaska des soins de qualité et un accueil satisfaisant.

«Des services additionnels seront offerts à la clinique, ça sera à Vitalité de les déterminer», a affirmé Jean-Pierre Ouellet, le maire de la Communauté rurale du Haut-Madawaska.

«C’est encore une belle institution et une belle clinique, les services sont là. Ça demeure un atout pour le Haut-Madawaska», a fait savoir le bureau de la députée du coin, Francine Landry.

Tant du côté de la ministre Landry que du Réseau de santé Vitalité, l’on exhorte la population à signaler tout manque de service ou de courtoisie, ainsi que toute faute professionnelle ou manquement déontologique.