Pollution à la plage Parlee: Red Dot porte plainte à la GRC

L’Association Red Dot de la baie de Shediac dépose une plainte à la GRC contre le gouvernement provincial. L’organisme allègue que Fredericton enfreint trois lois provinciales et une loi fédérale en retardant le projet d’amélioration du système d’égout de la plage Parlee.

Le gouvernement provincial a annoncé en mai 2017 la somme de 500 000$ pour effectuer une «inspection et amélioration de la station de relèvement des eaux usées du parc provincial de la plage Parlee».

Une étude effectuée par la firme d’ingénierie Crandall, publiée en juillet, a conclu qu’il «existe un risque de déversement d’eaux usées non traitées dans la zone humide côtière existante de la plage Parlee».

Des travaux d’amélioration du système d’égouts ont été ordonnés. En décembre, Fredericton a annoncé que le projet a été transféré du ministère des Transports et de l’Infrastructure à la Commission des égouts du Grand Shediac.

Dans une mise au point publié sur son site internet le 22 décembre, le gouvernement provincial assurait que le projet serait «achevé d’ici mai 2018», même si «le début des travaux a été retardé».

En avril, le président de la commission, Roger Caissie, a affirmé à l’Acadie Nouvelle que le gros des travaux aurait finalement lieu à l’automne. C’est à ce moment que doivent être retirés les tuyaux et l’ancienne station de pompage. Le système sera par la suite branché à la station de pompage du chemin MacKenzie.

L’Association Red Dot, qui milite depuis des années contre la pollution des eaux de la région, affirme que le retard contrevient à trois lois provinciales. Ses dirigeants, Arthur Melanson et Tim Borlase, ont déposé une plainte au détachement de Shediac de la GRC, jeudi après-midi.

Le comité suggère que Fredericton ne respecte pas la Loi sur la santé publique, étant donné que le restaurant de la plage Parlee n’est pas branché à un système d’égout adéquat. Il ajoute que le système n’est pas conforme à la Loi sur l’assainissement de l’environnement, parce qu’il relâche des contaminants dans le secteur. Il avance aussi que la province transgresse la Loi sur l’assainissement de l’eau en laissant les eaux usées infiltrer le bassin d’eau.

«Ça fait depuis l’été 2017 qu’ils sont au courant de (l’étude Crandall), mais il n’y a rien qui a été fait. On est rendu en 2018 et le gouvernement évite la question.»

De plus, l’association demande à la GRC de vérifier si le retard dans les travaux va à l’encontre du Règlement sur les effluents des systèmes d’assainissement des eaux usées de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral.

Après sa visite au bureau de la GRC de Shediac, M. Melanson est optimiste. Il croit que les policiers mèneront une enquête approfondie. On lui aurait affirmé que plus d’un agent sera affecté au dossier.

Deux journées d’interdiction de baignade

Une interdiction de baignade à la plage Parlee a été en vigueur durant deux jours, au début de la semaine.

Un premier avis a été émis lundi en raison du résultat d’échantillonnage. Un deuxième a été émis mardi en raison des chutes de pluie.

Des tests effectués sur cinq sites de surveillance, dimanche, ont dévoilé une moyenne d’entérocoques de 48,5 NPP/100 mL. La limite permise est 30 NPP/100 mL. Un des échantillons avait un taux de 1850 NPP/100 mL à lui seul.

Mardi, l’avis d’interdiction a été émis en raison d’une chute de pluie de plus de 10 mm dans les 24 heures précédentes. Il en est tombé 11,2 mm. Les échantillons pris lundi et mardi étaient tous bien en dessous de la limite permise de bactéries.

Quatre autres avis d’interdictions de baignade liés aux chutes de pluie ont eu lieu depuis le début de la saison. Chaque fois, les échantillons pris juste après les chutes de pluie contenaient un taux d’entérocoques en dessous de la limite permise.

Dans les 26 jours où des échantillons ont été pris, le taux de bactéries a dépassé la limite permise une seule journée.

«Permettre une saison touristique réussie»

Un rapport sur le taux de bactéries dans le sable de la plage Parlee, rendu public le mois dernier, permet au gouvernement provincial de conclure qu’il n’y a pas de problème de structure au système de collecte des eaux usées de la plage Parlee.

Le porte-parole Bruce Macfarlane reconnaît qu’un rapport de la firme Crandall, soumis en juillet 2017, recommandait de moderniser la station de relèvement et le réseau de collecte des eaux usées. Le rapport indiquait que des images vidéo des canalisations d’égout n’avaient révélé aucun problème de structure au système, mais qu’il pourrait y avoir un problème d’exfiltration en raison du sol sablonneux.

Or, l’étude sur les bactéries dans le sable effectuée par la firme Stantec conclut que les concentrations de bactéries fécales décelées dans le sable à la plage Parlee sont «très faibles».

«Cela indique fortement que rien ne prouve que le système des eaux usées à la plage Parlee constitue une source de contamination», a affirmé dans un courriel M. Macfarlane.

Étant donné que «les spécialistes n’ont pas relevé de problème de structure au réseau d’égouts», les gérants du projet de modernisation du système d’égout de la plage Parlee ont décidé d’effectuer une partie des travaux à l’automne, après la fermeture du parc provincial. Cela doit notamment «permettre une saison touristique réussie».