Langues officielles: «Une erreur de consolider tous les efforts», selon Gallant

Le premier ministre Brian Gallant est d’accord avec Katherine d’Entremont que le gouvernement doit mieux coordonner ses efforts en matière de langues officielles. Il n’est toutefois pas convaincu qu’un secrétariat est la solution à adopter.

Dans son dernier rapport annuel, la commissaire aux langues officielles propose la création d’un secrétariat chargé d’assurer le respect de ses obligations linguistiques.

Selon Katherine d’Entremont, le plan d’application de la Loi sur les langues officielles ne suffit pas et le gouvernement doit aller plus loin en se dotant d’une nouvelle structure.

Brian Gallant dit avoir été briefé sur le rapport par la greffière, jeudi. Cela lui a permis de se faire une idée sur la création d’un secrétariat, qui mènerait au regroupement de ressources présentement éparpillées dans trois ministères.

«Je pense que la commissaire aux langues officielles a un bon point – et la greffière est d’accord – qu’il y a une possibilité de mieux coordonner les efforts du gouvernement lorsque ça vient à remplir nos obligations concernant les langues officielles.»

Il veut maintenant prendre le temps d’étudier de plus près cette idée de Katherine d’Entremont afin de voir comment s’y prendre pour mieux coordonner les efforts de la province.

Il a cependant déjà une certaine réticence à l’idée de centraliser les fonctionnaires chargés de faire respecter la Loi sur les langues officielles sous un seul toit géré par un sous-ministre.

«Je pense qu’il est quand même important d’avoir des ressources dans les ministères. Je pense que ce serait une erreur de consolider tous les efforts. Je pense que ce serait une erreur. Et en effet, sur plusieurs dossiers, on essaie de faire le contraire», a-t-il dit.

Il cite en exemple la question des consultations auprès des Premières Nations qui, contrairement à ce qu’on peut le penser, ne sont pas effectuées que dans les dossiers liés à l’énergie et au développement économique.

«Ce n’est pas le cas. C’est vraiment chaque ministère qui peut avoir des situations où ils ont besoin de consulter. Alors tout ça pour dire qu’on essaie de faire du travail pour qu’il y ait plus de gens dans la fonction publique, dans tous les ministères, qui comprennent les obligations de consulter les Premières Nations.»

Il est toutefois encore loin d’avoir pris une décision à ce sujet. Il affirme que d’autres pistes pourraient être explorées, comme la mise en oeuvre d’unités de livraison des priorités, comme celle qui a été créée dans le dossier de la mine Sisson, dans le nord de la province.

«L’idée de ces unités a vraiment bien fonctionné. Alors, même ça, ça pourrait être une façon de peut-être mieux gérer et mieux coordonner nos efforts lorsque ça vient aux langues officielles. Et je dis juste ça en lançant l’idée qu’il y aurait d’autres mécanismes qui pourraient nous aider.»

Brian Gallant défend son ministre

Lorsque l’on évoque le travail de son ministre responsable des langues officielles, Brian Kenny – qui n’avait pas grand-chose à dire et qui n’avait pas lu le rapport de la commissaire lorsqu’il a été dépêché pour le commenter, mercredi après-midi, plus de quatre heures après sa publication – Brian Gallant se porte à sa défense.

«Je pense que vous voulez comprendre qu’on veut prendre des décisions qui sont réfléchies. Et excusez-moi, mais je ne pense pas qu’après quatre heures, avec le dépôt d’un document de 86 pages, qu’on peut comme gouvernement vous dire exactement ce qu’on va faire.»

Il répond d’ailleurs à ceux qui le critiquent parce qu’il a délégué le dossier des langues officielles à un ministre, alors que la Loi sur les langues officielles stipule clairement que c’est plutôt le premier ministre qui est responsable de l’appliquer.

Il affirme que les langues officielles, «c’est plus que la Loi» (même s’il juge cette dernière «très importante»).

«Avoir une autre personne qui m’appuie à faire ça, je pense que c’est une bonne chose. Je veux dire, chaque ministère et presque chaque dossier est délégué à un ministre. Moi, j’en ai une couple. L’éducation est ma priorité numéro un, mais je ne suis pas le ministre de l’Éducation. Je pense qu’il faut quand même mettre ça en perspective.»