Zenabis commandite un événement scolaire et fait l’objet de vives critiques

Le producteur de cannabis Zenabis n’a pas l’intention de cesser ses commandites communautaires, mais entend toutefois jouer un rôle plus effacé à l’avenir avec les organisations et activités jugées plus «sensibles».

La compagnie n’a pas eu le choix d’aborder la question de ses commandites, celle-ci ayant fait l’objet de critiques après que son logo se soit retrouvé parmi le groupe de commanditaires d’un événement scolaire.

Celle-ci a dernièrement été approchée par des jeunes de l’école secondaire anglophone Sugarloaf de Campbellton souhaitant une aide financière pour l’organisation de leur cérémonie de remise des diplômes. L’entreprise restigouchoise a consenti un don en argent de 1000$ à l’activité.

En guise de remerciement, son nom a été mentionné comme commanditaire sur le programme de la soirée. Certains ont toutefois vu d’un mauvais œil qu’une compagnie produisant du cannabis s’invite ainsi dans une école.

May Nazair, porte-parole de Zenabis, confie avoir été étonnée par les commentaires négatifs soulevés par cette commandite. Pour elle, c’est avant tout la compagnie locale créatrice d’emplois qui a voulu soutenir les jeunes, au même titre que le restaurant Tim Hortons et la firme d’ingénierie Boissonnault-McGraw qui figurent aussi sur le programme.

ll ne s’agissait aucunement, selon elle, d’un geste visant promouvoir le cannabis auprès des jeunes.

Mme Nazair dit recevoir chaque semaine des demandes de financement sur son bureau. Des événements, des festivals, des activités, des groupes à but non lucratif, des équipes sportives… et même des écoles. Les demandes sont aussi nombreuses que diverses.

«Et c’est bien correct, car nous sommes un partenaire communautaire et nous avons même un budget pour les commandites. On aime pouvoir redonner afin d’appuyer. Dans ce cas-ci, on était content de pouvoir donner à l’école SSHS. Il n’y avait aucune arrière-pensée de notre part», indique-t-elle.

Mme Nazair précise que la compagnie n’a encore aucun produit à vendre sur le marché récréatif.

«Tout ce qu’on a à offrir pour le moment, ce sont des emplois», dit-elle.

L’entreprise n’a pas l’intention de cesser ses commandites et de jouer son rôle de «bon citoyen corporatif».

Cela dit, elle ne veut pas non plus que chacun de ses dons monétaires se transforme en polémique.

À cet effet, elle entend jouer un rôle plus effacé à l’avenir, être plus prudente vis-à-vis sa visibilité.

«On ne va pas pénaliser qui que ce soit, mais on va être plus sélectif où nous partagerons notre nom. On va probablement être davantage des donateurs anonymes, donc sans figurer sur une liste ou quoique ce soit du genre. Ce sera du cas par cas. Ça va dépendre des dons, car certains organismes ne voient rien de mal à s’afficher avec nous», explique-t-elle.

Dans les faits, elle précise que Zenabis n’avait pas demandé de figurer sur le programme en échange de son don.

Pour sa part, en entrevue avec la CBC, le directeur du District anglophone Nord, Mark Donovan, a indiqué qu’avoir apposé le logo de Zenabis avait été une erreur de jugement.