Le meurtrier Justin Bourque cherche des correspondantes à l’extérieur

Justin Bourque, qui avait assassiné trois agents de la Gendarmerie royale du Canada en 2014, s’est inscrit à un site de relations épistolaires pour détenus, où il se présente comme « un ouvrier passionné de musique ».

Bourque purge une peine d’emprisonnement à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 75 ans, pour les meurtres commis à Moncton. Lors de cette fusillade, il avait aussi blessé deux autres agents de la GRC.

Sur son profil du site « Canadian Inmates Connect », Bourque écrit qu’il est célibataire et cherche quelqu’un avec qui partager. Il ne cache pas que sa sortie de prison est prévue pour 2089.

Le site a pour but de relier par lettres des détenus à des correspondants à l’extérieur des prisons. Melissa Fazzina, qui dirige le site, explique que beaucoup de détenus cherchent simplement à se faire des amis. Elle espère que ces liens peuvent aider les détenus à devenir de meilleures personnes, et les préparer à leur sortie éventuelle de prison.

Bourque, qui purge sa peine à l’Établissement à sécurité maximale de l’ Atlantique, à Renous, avait tué les agents Dave Ross, Fabrice Gevaudan et Doug Larche, et blessé les agents Éric Dubois et Darlene Goguen.

Sur son profil en ligne, Bourque écrit qu’il aime la télévision et les films, et qu’il souhaite correspondre avec des femmes.

« Alors, envoyez-moi une lettre et une photo ou deux, et nous verrons où cela va mener. »

Bien qu’il s’agisse d’un service en ligne, les détenus dans les pénitenciers canadiens n’ont pas accès à Internet. Toute personne souhaitant correspondre avec un détenu doit envoyer sa lettre directement à la prison. Les détenus doivent débourser 35 $ par année pour publier leur profil sur le site « Canadian Inmates Connect ».

En 2015, le site avait fait les manchettes lorsqu’il a publié le profil de Luka Rocco Magnotta, qui purge une peine d’emprisonnement à perpétuité pour le meurtre et le démembrement de l’étudiant universitaire chinois Jun Lin à Montréal en 2012. Sur son profil, Magnotta écrivait qu’il cherchait un « prince charmant ».

Mme Fazzina soutient qu’elle veut aider les détenus et leur donner de l’espoir grâce à son service, mais qu’elle pense aussi aux victimes.

« Je me sens mal pour elles, et je suis sûr qu’elles ne veulent pas que ces gars-là bénéficient d’avantages supplémentaires et profitent de choses agréables – comme de communiquer avec quelqu’un de l’extérieur. Mais comme bien des gens, je crois que leur plus grande punition, c’est d’être en prison », a-t-elle soutenu.