Le paradis acadien du surf

On vous dit surf et vous pensez Hawaï, vagues et mer bleu azur, soleil et palmiers, bellâtres et sirènes à la longue chevelure épis de blé et à la peau dorée? Oui, mais pas que! Les sports de glisse se pratiquent aussi le long des côtes du littoral acadien. Dans la Péninsule acadienne, une bande d’amis, qui viennent de former une association, cherche à les promouvoir.

«Dans le milieu du surf, les meilleurs emplacements sont notés 10 sur 10. Nous ici, on a un 8 sur 10», avance Roch Chiasson.

Son ami François Chiasson approuve: «On a un trésor de possibilités pas assez exploité.»

Pour démontrer leur argument, ils mettent en avant la diversité des vents qui balayent l’extrême pointe nord-est de la Péninsule. Combinée à la variété de paysages qui composent les côtes, cette partie du Nouveau-Brunswick vaut, d’après eux, le détour.

Depuis des mois, tous deux et d’autres s’adonnent aux sports de planche. Kitesurf, wind-surf, sup paddle board… Chacun son style, chacun sa préférence. Désireux de partager leur passion et leur endroit de prédilection, les amis ont récemment constitué une association: Acadie Surf est née fin juin.

«Notre but est de réunir les gens, de faire connaître le Beach Life Style et d’organiser des événements», explique François Chiasson.

L’équipe en a imaginé plusieurs jusqu’à la fin septembre. La première manifestation se déroulera ce samedi, à Tracadie, avec un cours de Sup Yoga (du yoga en mer sur un paddle board).

Le 21 juillet, le paddle board sera encore à l’honneur avec une excursion, du phare de Shippagan à celui de Chiasson Office. Dans le cadre du Festival acadien, début août, les membres fondateurs ont eu l’idée de proposer une traversée découverte jusqu’à l’île de Caraquet.

Le 25 août aura lieu une rencontre de kitesurf à laquelle participera «un invité de marque dont on préfère taire le nom pour l’instant», laisse en suspens François Chiasson. D’autres rendez-vous sont prévus. Le détail est à consulter sur la page Facebook d’Acadie Surf.

«Toutes nos activités sont légèrement payantes. Il y aura des planches à louer disponibles», souligne Roch Chiasson.

Une bouffée de bonheur

Lisa Savoie Ferron est depuis longtemps convaincue des bienfaits des sports de glisse. Elle en pratique assidûment depuis quatre ans.

«J’en fais presque tous les jours», confie-t-elle.

La jeune femme se délecte de ses virées sur l’eau qui lui apportent «la satisfaction d’un bon workout, un rush d’adrénaline et une connexion avec la nature». En d’autres mots: une bouffée de bonheur. C’est tout naturellement qu’elle s’est jointe à l’aventure Acadie Surf.

La joyeuse bande en est persuadée, ce qu’elle promeut n’est pas seulement un nouveau loisir.

«Ça peut engendrer une belle activité économique», prédit François Chiasson.

Preuve en est, pour mener à bien leur calendrier, les créateurs d’Acadie Surf ont embauché deux emplois-étudiants pour cet été.

 

Les papys du surf acadien

Les jours de grands vents rebutent certains? Jean-Denis Frigault et Bertin Thériault s’en réjouissent et s’en régalent.

«Le vent, c’est énergisant», considère le premier.

«On aime sortir les jours de tempête», ajoute le second.

Les deux amis, résidents de Shippagan, se passionnent pour le kitesurf depuis des années. Quand ils ont commencé, la discipline n’était pas aussi populaire et répandue que maintenant.

«On en parlait peu. Il n’y avait pas tous ces magazines et les réseaux sociaux», se souvient Jean-Denis Frigault.

Plusieurs fois par semaine, ils se mettent à l’eau.

«Et depuis nos débuts, c’est toujours le même plaisir», assure Bertin Thériault.

Les vagues de 10 à 15 pieds de haut dans le coin de Miscou ne les effrayent pas. Au contraire, ils en raffolent. Pas question pour autant de prendre des risques inutiles. Les papys du surf acadien n’ont plus l’insouciance de leur jeunesse.

«C’est sûr, c’est toujours un peu stressant. On ne fait pas n’importe quoi. Le secret, c’est de s’adapter aux éléments et de se montrer respectueux de la force de Dame Nature», confie Bertin Thériault.

Et quand le froid est trop intense, les deux compères ont leur astuce.

Jean-Denis Frigault nous la révèle: «On laisse une glacière remplie d’eau chaude dans notre char. Quand on n’en peut plus, on va se plonger les mains et les pieds dedans. Ça nous permet de tenir plus longtemps.»

De leurs sorties en mer, ils reviennent chaque fois revigorés. Le kitesurf les libère du stress. Il leur dévoile également une inéluctable réalité.

«On voit l’érosion des côtes. On s’en rend compte. On ne peut pas passer à côté.»