Mado Lamotte revient brasser la cage à Caraquet

Pour une deuxième année consécutive, l’infâme Mado Lamotte débarque à Caraquet pour fouler la scène du Carrefour de la mer. Accompagnée de drag queens de son cabaret, elle promet une soirée pour le moins divertissante.

«Nous sommes très contentes d’être de retour, nous avons du fun en masse l’an dernier, s’exclame Mado. Ça fait du bien de sortir de Montréal et de venir voir les amis acadiens.»

La Reine du Village de Montréal s’amène en Acadie avec un tout nouveau spectacle dans le cadre du Rendez-vous de la fierté Acadie Love.

«Ce ne sera évidemment pas le même show. L’année dernière, il y a eu un bingo. Il n’y en aura pas cette année, confirme-t-elle. J’apporte aussi des nouvelles artistes avec moi.»

Autre nuance, la célèbre personnalité québécoise sera ici pour un soir seulement. «Une occasion à ne pas manquer», selon elle.

«Ce sera grandiose! C’est comme d’habitude, ce sera un party! On fait des numéros de drag queen et je ferais de la comédie. C’est un beau grand spectacle de variétés.»

Chose certaine, Mado est plus que fébrile à l’idée d’être de retour dans la Péninsule acadienne. Elle assure même ne pas avoir hésité lorsque l’offre lui a été présentée.

«Même si nous allons être que quatre artistes sur scène, ne vous en faites pas, ça va paraître comme si nous étions 50! Nous avons l’énergie de 50 personnes!»

Néanmoins, l’expérience de vendredi soir sera différente de celle d’une soirée passée au Cabaret Mado. Non seulement en raison de l’endroit et dans le cadre dans lequel l’événement a lieu, mais parce que Mado Lamotte s’assure de personnaliser chaque rendez-vous. Elle effectue notamment beaucoup de recherche pour comprendre les réalités socio-culturelles et économiques des régions qu’elle visite.

«Je me documente énormément sur les endroits où je vais. Quand j’arrive à Paris, j’en sais plus que la moitié des Parisiens sur ce qui se passe dans leur vie culturelle, politique et nationale. Ils sont toujours impressionnés.»

Ce n’est pas seulement par souci de professionnalisme qu’elle s’informe autant, mais par pur plaisir puisqu’elle s’intéresse depuis longtemps aux diverses réalités du monde.

«C’est important pour moi de savoir de quoi je parle. Quand je suis allée en Suisse, j’ai remplacé certaines paroles de chansons pour les ajuster à la culture suisse. J’ai fait des recherches pour savoir ce qui se passe, ce qu’ils aiment, la sorte de chocolat qu’ils mangent pour être certaine que quand je bitch ou que je déconne ils se disent: ‘elle sait de quoi elle parle’.»

Ainsi, le public devra se méfier des connaissances de Mado sur la région. Sur le plan musical, elle n’avait pas raté l’occasion d’offrir une prestation de la populaire «Paquetville» d’Édith Butler.

«Nous essayons toujours de faire un petit clin d’oeil à l’endroit où nous allons. Nous sommes en train de préparer un petit quelque chose pour que les gens fassent: ‘ah! Ça vient de chez nous!!’.»

Le suspense durera jusqu’à vendredi soir…

30 ans de carrière

Si le Cabaret Mado célèbre ses 16 ans cette année, sa vedette, elle, célèbre ses 30 ans de carrière.

«Mado, c’est une erreur de parcours», note Luc Provost, l’homme derrière la femme.

«Ce n’était pas prévu, je voulais être acteur quand j’étais jeune.»

Sauf que le personnage a vite pris de plus en plus de place dans sa vie.

«Elle est née dans les bars où j’allais pour le plaisir. De fil en aiguille, un soir, deux soirs puis trois soirs par semaine elle est devenue plus présente. Finalement, l’école de théâtre a pris le bord. Je n’avais plus le temps d’y aller, je travaillais trop.»

Pourtant, il ne s’est jamais douté que Mado serait à ce point connue à Montréal ou à l’international.

«Il y a eu un temps (avant d’avoir son cabaret) où je me suis dit que j’étais tanné de travailler la nuit et que jamais je ne voudrais avoir un bar à mon nom.»

Le hasard en a voulu autrement.

«J’ai embarqué dans l’aventure parce que ce n’était pas vraiment un bar, c’était un cabaret. C’était plus un théâtre à moi où je pouvais faire ce que je veux. Ce n’était pas des shows à 2h le matin qui durent dix minutes et que le monde s’en va après. Ce sont des vrais spectacles, on débarque dans une soirée.»

Après avoir fait les 400 coups en France durant les 15 dernières années et maintenant en Suisse et en Belgique, parmi tant d’autres endroits, il ne peut se résoudre à choisir un seul moment mémorable. Il y en a trop.

«Les spectacles Mascara devant 20 000 personnes, les bingos à Mado qui m’ont fait connaître partout au Québec et les petites choses comme aller à Paris, en Suisse, en Belgique…»

Il y a aussi la statue de cire à son effigie au Musée Grévin de Montréal qu’il peine à s’expliquer

«Je n’y crois toujours pas que Mado a sa statue de cire au Musée Grévin, pourquoi? Peut-être parce qu’elle a marqué l’imaginaire des Québécois ou la culture du Québec. Je ne sais pas. C’est un peu absurde pour moi, mais c’est à la fois une belle reconnaissance. Je l’apprécie.»

Aujourd’hui, les deux – l’homme et son personnage – cohabitent sereinement.

Mado est une personne à part entière, dit-il

«Ce n’est pas Luc qui se met une perruque et qui devient Mado. Elle a sa propre histoire et son propre caractère, qui ne sont pas les miens.»